jeudi 29 mai 2014

Depeche Mode : New Wave , Cold Wave ou monument rock des années 80 ?

Depeche Mode, 

 


groupe phare de la New Wave, des 80’s,


(lien vers site officiel

est toujours présent et actif aujourd’hui, et maintient une popularité ainsi qu’une créativité que l’on peut saluer, alors nombre de groupes de nos 80’s ont jeté l’éponge…On se souvient, pauvres bougres que nous sommes qui étions jeunes dans les années 80, des énormes « People are People », « Just can’t get enough », premier succès de cette pop froide et high tech, bientôt suivi par « Enjoy the Silence » et évidement « Personnal Jesus ». 

De fait le groupe est aujourd’hui parvenu au rang des grands groupes de Rock, et permet ainsi à cette fameuse New Wave d’accéder au statut de courant du rock…

Oui, la New Wave est un courant du Rock comme l’ont été le prog-rock, le rock psychédélique, le hard rock, le reggae, le punk…

Et, oui, Depeche Mode y joue un rôle prépondérant, majeur, accordant par exemple au synthétiseur une place centrale… au détriment de notre chère guitare, il est vrai….

Mais avec une telle maitrise (partagée avec d’autres, finalement assez proches (OMD (Orchestral Manoeuvre in the Dark bien sûr….)) qu’on peut leur pardonner..

Le parallèle avec OMD est flagrant, comme l’est la filiation que ces deux groupes partagent d’ailleurs avec Kraftwerk. Si Depeche Mode est souvent moins glacial qu’OMD, les deux sont de toute évidence plus versé dans une approche mélodieuse, moins rigide et plus « dansante » que leur référence germanique évidente.

Et c’est tant mieux : l’ensemble reste néanmoins (je parle de Depeche Mode) plutôt glacial et synthétique. On reste bien en 80’s !!!

Contrairement d’ailleurs à d’illustre prédécesseurs, dont le leader singera les excès (drogues, etc..), Depeche Mode saura, conserver jusqu’en …. 2013 (Delta Machine) une identité certaine et une haute fidélité envers le son et le style des débuts. Il faut le saluer, d’autant que chaque nouvel opus n’estpas pour autant pas un éternel pastiche de l’album précédent (que certains géants du hard rock australien suivent mon regard attristé !!) : Il y a dans Delta Machine une telle inventivité, dans une appropriation des thèmes du rock, et même du blues (« SLOW », « Secret to the End » « Angel»


....En fait, tout l’album !!! Le blues au synthé, iconoclaste et sublime !!!!)….

Mais déjà « par le passé », Depeche Mode a su nous montrer son respect des « traditions » du Rock et l’assimilation de l’Art des Maitres (un Diddley Beat sur « Flexible » en 1985, et évidement « Personnal Jesus », dont le titre évoque Elvis Presley, puisque c'est surnom dont Madame Presley affublait ce dernier.) Qu’on ne s’y trompe pas, on a ici affaire à un groupe culte, qui a acquis sa place dans les rangs des grands du rock, et, avec Delta Machine, du blues. Tu te rends compte : du blues sans guitare…..

mercredi 21 mai 2014

Maybellene Chuck Berry 21 mai 1955

Maybellene

CHUCK BERRY


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Il est « admis» que le premier morceau « rock’n roll » date de 1951 et que c’est Rocket 88.

Pourtant, c’est avec Maybellene que Chuck Berry pose les base du rock, guitare électrique, rythme, paroles explicitement adressées à la jeunesse « poivre et sel » selon la propre expression de M Rock’n Roll, mêlant grosses bagnoles, séduction de jolies nanas, et climat chaud et voluptueux.

Chuck Berry présente ce titre à Leonard Chess, l’un de ses tout premier, sous une forme un peu différente, et c’est Leonard Chess qui change le titre en Maybellene, jugé plus moderne, actuel et accrocheur que le titre original. Pour cela il s’inspire du nom d’un cosmétique à la mode, changeant l’orthographe pour éviter les tracas.


L’idée est de faire coller le titre aux habitudes de consommation, à l’air du temps. Dans les titres de Chuck Berry, on parlera souvent de Cadillac (objet culte, particulièrement chez Chess Records !), de télévision, de tous ces biens de consommation que l’Amérique découvre alors… Amusez-vous à compter le nombre de fois ou cette marque d'automobiles est cité dans la chanson!


Maybellene est une œuvre de jeunesse mais tout y est déjà : les riffs de guitare cultissimes de Chuck Berry, incroyablement matures dès ce premier titre, la voix, le rythme. Pour être honnête, et cependant éminemment respectueux de la discographie du génie du rock, la suite sera un superbe copier-coller de ce premier opus, allant parfois jusqu’à raconter à peu près la même chose (« Nadine », 1963), en changeant simplement de moyen de transport…


Maybellene est aussi à l’origine du fameux scandale dit « payola », un système de pots de vins par lequel les programmateurs radio (disc jokeys) recevaient du cash en échange de la programmation de certains titres : Leonard Chess, pour promouvoir Chuck Berry, fait créditer Alan Freed (l’homme qui « découvrit » le Rock’n Roll et lui donna son nom) comme co-auteur du morceau, moyen de le rétribuer discrètement… Ce scandale brisera, quatre ans plus tard, la carrière d'Alan Freed….

samedi 10 mai 2014

Good Vibrations, The Beach Boys courent après les Beatles !!!

Good Vibrations

Beach Boys



groupe américain qui a d’abord … surfé sur le courant californien « Surf Rock ». 

Chuck Berry ne les aimait pas beaucoup : En 1963, les frères WASP sortent Surfin’ USA, qui, à l’écoute, est évidement plus qu’une évocation du Sweet Little Sixteen de Monsieur Rock’n Roll.

Il mit une dizaine d’année à faire valoir ses droits, et c’est Chuck Berry qui est, depuis les années 70, crédité comme compositeur de la musique de ce titre!!

Les « Good Vibrations », c’est avec un Tannerin (un dérivé du Theremin, et ancêtre des instruments électroniques qui feront croire, à la fin des années 70, que l’avenir de la musique « moderne », « pop », était dans ces machines, « orgues » electroniques et autres synthétiseurs.

Vangelis, mais aussi le fort décrié JM Jarre, mais surtout Kraftwerk, dont je reparlerai, tant l’album Radioactivity a été pour moi un choc, bientôt suivi d’un second (l’album « The Man Machine » des mêmes Germains fous de technique).

Pour en revenir aux Beach Boys, le titre Autobahn de Kraftwerk reprend le rythme de Barbara Ann, étonnant hommage aux précurseurs dans l’usage de ces instruments bizarres….
Sur Good Vibrations, c’est Paul Tanner, le concepteur du Tannerin, qui joue. Les versions concert obligeront Moog, qui fabriqua un temps le Tannerin, à le modifier pour que le groupe puisse s’en servir sur scène…

L’album « Pet Sounds », sur lequel Good Vivrations devait figurer, est considéré comme un « must ». Pour ce qui me concerne, je n’ai jamais vraiment accroché, et je n’ai pas de feeling particulier à l’écoute de ces titres, de ce groupe.


Bon, « Good Vibrations » est bien vu, mais j’avoue ne pas comprendre ce qui a fait dire, par exemple, à Mc Cartney que c’est cet album qui l’a inspiré pour que naisse Sergent Peper.. ..Il doit me manquer un truc, je comprends pas.

Mais tous à l’époque, des Stones, au Kinks en passant par les Pink Floyd, Clapton et Elton John (ce dernier cité pour taquiner un ami…) prétendent avoir été grandement influencés par cet album, le son et le feeling de ce groupe, à cette époque.

Pete Townshend semble avoir été l’un des rares à critiquer le côté sur-produit du morceau.. le pire est à venir, et il y succombera aussi…

Tous ensuite feront « mieux », en reprennant la mode de l’album concept (d’ailleurs lancée par les Beatles avec « Rubber Soul »: le déjà cité Sgt Peper, Face to Face (The Kinks), Freak Out ! de Zappa, Sell Out (The Who, qui iront ensuite beaucoup plus loin), puis the Pretty Things (SF Sorrow), Elton John (Captain Fantastic), David Bowie (Ziggy Stardust), et évidement Pink Floyd, avec une succession d’albums depuis Dark Side of The Moon que nos verrons plus tard, pour terminer dans le mur, pardon du mauvais jeu sur le mot : il faudra longtemps pour que cet album ressurgisse…

De bonnes vibrations, donc, finalement. Suite à ce Pet Sound, Brian Wilson, entendant Sgt Peper, « décidera » qu’il ne ferait jamais mieux et resta cloitré pendant plusieurs années, devenant un peu parano, sans doute du fait d’un usage trop intensif de certaines substances.

jeudi 1 mai 2014

To cut a long story short, Spandau Ballet, 1980, une seconde British Invasion?



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SPANDAU BALLET




(Spandau Ballet sort, en 1980, un titre symbole de la New Wave et des New Romantics, fer de lance de la nouvelle British Invasion.... Leurs succès suivants, obtenus après un changement radical de style, fera oublier ce morceau magnifique)

Rentrée scolaire 1980, en novembre.

Classe de 1ère, « passe ton bac d’abord », et tout et tout. La culture britannique continue de me démanger et envahi mon esprit, sans que j'en aie vraiment conscience, à coup de groupes Ska, post punks, et de tout ce qui me passe à portée d’oreille, grâce à RFM, à Feed Back sur Inter, à Antoine de Caunes, sur le petit écran , aux gouts musicaux certains et à l’anglophile communicative… (Les enfants du Rock, ou "séviront" aussi Philippe Manoeuvre, Bernard Lenoir...)

A l’époque donc, la New Wave débarque, et avant de sombrer dans la dance-pop, donne l’occasion de découvrir plein de trucs sympa et différents, pas toujours froids et synthétiques.

C’est moins radical que pas mal de trucs parfois assez « hargneux » qu’on écoute à l’époque, (The Clash, The Specials, Madness, Selecters, The Police, Sex Pistols, et AC.DC, très, très mal vu à l’époque !! )

La plupart du temps, on trouve un truc sympa sur un 33 tours, le reste est moyen : cf Soft cell, Xtc, …. Et… Spandau Ballet, qui sort avec To Cut A Long Story Short une pépite !


  

Le groupe sera alors affublé de l’étiquette « new romantics », et affichera, comme Depeche Mode, Orchestral Manœuvre in the Dark, l’influence de Kraftwerk dans une pop froide et un poil désabusée.


Ce titre est de ceux qui ont vraiment encré en moi l’envie (qui était pourtant déjà bien présente) de partir à Londres. Va savoir pourquoi ?


Evidemment, j’ai dans les oreilles ces groupes de la British Invasion qui peuplent et peupleront ces pages. Bien sûr, arrivant « là-bas » en 1982 en pleine re-Beatlemania (on arrive début septembre pour les 20 ans de Love me do !!!), les Beatles salueront mon arrivée, et les Kinks, les Animals, les Stones, seront du voyage.

Mais ce truc « tout nouveau » qui arrive, la New Wave, semble vouloir faire oublier le trop commercial disco, et le trop radical punk, comme unis pour faire disparaitre « notre » rock’n roll. Alors la New Wave nous envoute, parce qu’elle nait à nos 20 ans ! Avoir 20 ans à Londres pendant l’éclosion d’un genre musical…

Spandau Ballet changera hélas très vite (aussitôt) de style pour aller vers le pop-song et la musique de discothèque, plutôt pas mal faite, d’ailleurs, mais plus guimauve, plus consensuelle, un peu trop « easy listenning » à mon gout : Fini le rythme rapide et syncopé, fini les PO GOS haletants, la mélodie entetante, la cassure de rythme entre le refrain et le couplet…. je n’y retrouverai plus le charme de « to Cut… », je n’écouterai plus Spandau Ballet qu’au détours de nos soirées en « boite ».