vendredi 31 mai 2019

Rocketman , Elton John



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Rocketman, Elton John

Rocketman, le film




D’abord, je dois dire que j’ai beaucoup aimé le film.

Pourtant, quand on attend avec impatience un film, on est parfois déçu de la distance entre ce qu’on s’attendait à voir, et ce qu’on ressent en voyant le film.
Il faut dire qu’à la manière d’Elton John, le film est un peu un ovni: Ce n’est pas tout à fait sérieusement un “biopic”, avec sans aucun doute quelques écarts par rapport à la réalité des faits, et de toute façon une narration ni linéaire ni complète de la carrière d’Elton John. 

Ce n’est un film vraiment musical. Ce n’est pas non plus un “musical”, mais tout de même, de très belles séquences et chorégraphies (la scène d’intro, géniale, et celle sur Saturday night’s allright, vraiment top également). 

Un peu dommage, on aurait volontiers apprécié plus de passages de ce type! Le parti pris semble être onirique, et l’ambiance définitivement “Glam Rock” semble nous plonger littéralement dans la tête d’Elton John. 
Car Elton John, avant Queen, bien avant Bowie, avant T Rex aussi, EST le Glam Rock.

On “vit” le truc, et il n’est pas particulièrement complaisant envers lui-même. L’emphase est même en fait mise sur le côté noir, torturé certes mais pas toujours sympathique du gars…. Ce qui par l’ellipse de ce “mea culpa”, le rend touchant!! 

On comprend que cet immense artiste vit littéralement pour la musique, le côté ‘enfant surdoué’ est traité, sans trop insister, et avec humour. Le film pointe le côté frustrant de la quête commune a beaucoup d’artistes, qui viennent chercher dans une surexposition et une “mise à nu” de leurs feelings, une affection dont ils ont manqué, et qu’ils se refusent à accepter lorsqu’elle leur est offerte: à cet égard, la relation avec Bernie Taupin est assez significative. 
Elton John est selon moi un artiste de premier plan, un rocker immense, un compositeur de génie. J’avais écrit il y a plusieurs années ce qui pouvait être un reproche, dans ce que je considérais comme son virage vers la variété. Il y a eu ensuite un virage vers les courants “modernes”, que ce soit rap, hip hop ou autre beat music. 
Quoiqu’il en soit, sur ces points, deux choses: L’une est cette habitude française, dont je souffre donc également parfois, qui consiste non seulement à classer dans des cases, mais aussi à cloisonner ces cases et à ne pas admettre les passages d’un genre à l’autre. 

C’est nul, je suis nul lorsque je réagis ainsi. Même si les duos avec Kiki Dee, RuPaul, 2Pac, son peu de mon goût, ces titres ne ternissent pas la réputation d’Elton John, devrait-il en rougir? Rocketman est un film fabuleux, dans tous les sens du terme, il raconte une histoire d’Elton, John sous la forme d’une fable, laissa nt grande place à sa musique. 

On n’est probablement plus dans l’auto-analyse publique par Elton John de ses travers (drogue, alcool, boulimie), de l’impact de ces excès (passés) sur sa relation avec son entourage, que de la biographie complaisante, précise et didactique. 
 Elton veut “publiquement” renouer avec Reggie, ce qu’il fait à la fin du film. Entre temps, il nous fait partager son talent, la force tranquille de sa musique et en dévoile un peu ses origines. Pour partie, je regrette de ne pas l’entendre chanter dans le film, mais il faut reconnaître que ce qui est peut être modestie dans ce choix laisse place à un gars qui, en plus de figurer vachement bien le personnage, touche bien sa cacahuète lorsqu’il chante. N’y allez pas pour en apprendre sur l’histoire “derrière” la tournée en URSS, sur son amitié avec Lennon, sur tant de “faits” qui ont construit sa carrière. Je vous l’ai dit, ce n’est pas un biopic. C’est un conte, presque sous la forme d’une comédie musicale. Comme si la vie d’Elton John avait été un rêve, entrecoupé de cauchemards, qu’il s’attache ici à les comprendre  pour les exorciser..

Je ne l’ai pas dit encore? J’ai adoré ce film. 
Et J’aime beaucoup ce que fait Elton John. 
Depuis très, très longtemps. Et pour encore longtemps. 

 Alors bon, c’est pas du pure rock’n roll… mais damned, c’est vachement bon, hein?