vendredi 11 octobre 2019

Eric Burdon Olympia 2019 It's my life

Eric Burdon Paris Olympia 2019


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Paris, le 9 octobre 2019.

Eric Burdon nous faisait l'honneur d'un détour par Paris Olympia hier soir, dans le cadre de sa tournée d'adieux 'It's my life'.

Quelle soirée! Emotion, Blues, fucking good sound, et bien sûr, "the House of the Rising Sun". Mais comment et pourquoi hélàs limiter Eric Burdon à ce titre mythique?

On sait combien ce titre lui est douloureux, symbole d’un grand gachis: La perte d’un groupe prometteur en pleine gloire. la fin des illusions, des amitiés de jeunesse….
Il (ils, car le groupe est au top) nous en offre une version (7 minutes 30 environ) magnifique, avec un clavier qui ferait oublier l’original… 7 minutes 30, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai le sentiment qu’Eric Burdon n’est pas dans un jour où il veut en parler, comme il le fait parfois, prenant la parole pour parler au public, lors de l’intro ou pendant l’un des solos…

Merci, merci d’avoir chanté ce titre qui compte tant pour nous, malgré ce qu’il vous en coûte! Respect.

Il intervient peu, d’ailleurs, et ce sera le seul regret de ce concert. Arte avait livré il y a quelques jours un documentaire qui nous le montrait plein d’humour, mais aussi très “bavard” et plein d’anecdotes et formidable comteur du blues…. Pas de paroles donc, est-il désabusé, fatigué, déçu de sa récente mésaventure en Hollande (concerts annulés)? Mais il nous donne un concert au son parfait, au groove incroyable,où il donne tout dès qu’il chante. Eric Burdon est un Soul man. On se croirait dans une gospel church, c’est fantastique.

Oh, il n’a plus tout à fait la même voix qu’à 17 ans! Et? Un charisme, une présence, une aura même, incroyables. Sa voix? Elle est plus grave, plus forte, et tellement émouvante quand il chante:
“In this dirty old part of the city
Where the sun refused to shine
People tell me there ain't no use in tryin'”
(We gonna get out of this place, qu’il chante, malicieusement, au 2eme rappel, avant dernier titre d’un set de rêve).

Sa voix? la voix du blues. fantastique, charismatique... Il rend hommage aux Maitres, Memphis Slim en tête.
Un regret? (No, no regrets..): Je rêvais d’un “Bo Diddley Special”… Mais le set est magnifique.

Le concert avait tellement bien commencé avec Mamma told me not to come! Une fusée. Amusant, Eric... Il commencera le second rappel avec la cover anglaise de "je ne regrette rien", encore l'humour anglais, pour finir sur "we gotta get out of this place" et Hold on I'm coming, magnifique. Comme si les titres choisis exprimaient ce qu’il n’a plus envie de dire, ce qu’il n’a jamais pu oublier vraiment du gachis expliqué plus haut?

A la fin de l’ent’acte, après la première partie, le trac m’a pris: j’attends ce moment depuis tellement longtemps que…. Et si j’étais déçu de trop avoir imaginé ce moment, imaginé le son, ce son qui raisonne dans ma tête depuis tant et tant, “When I was young”…
Les premières mesures sonnent et balaient mon trac: le concert est inoubliable.

Z’auriez dû venir…


mercredi 28 août 2019

Country Joe and the Fish à Woodstock.. Gimme an F..

Country Joe and the Fish




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Vous connaissez tous… 
“Gimme an F…” et le public de Woodstock scande “ … F…”…. 

C’est devenu mythique. 

Le groupe de Country Joe Mc Donald, moins, mais bon. 

C’était l’un des groupes phares de la scène ouest américaine, pourtant… Les lettres suivantes (allez, je sors “ma” science…)épellent, en théorie, les lettres de Fish. Fish est le nom de scène du guitariste du groupe, sur une référence Maoïste! 

Mais à Woodstock, Country Joe Mc Donald, dont on dirait aujourd’hui qu’il veut faire “le buz”, va oser un truc qui marquera les esprits… 

J’ai vu le film à sa sortie, aux environs de 1974. 
Cette projection est l’un des faits marquants qui ont contribué à construire Mon Histoire Du Rock… 

Tu parles, j’avais 10 ou 12 ans!! 

Mes parents, pourtant pas très portés sur le Rock’n Roll, avaient, c’est certain, saisi l’importance des mouvements de la “contre culture”, les prémices de l’écologie, le pacifisme… 

Bref. J’étais, donc, au collège à ce moment là, et une prof de français, elle aussi portée par ce vent de “libertisme” (je veux dire que ça ne ressemblait ni à un esprit “libertaire” au sens anarchiste, ni de liberté en soit, ni “liberal” quoique c’en étaient peut être les prémices…), voulait croire qu’elle enseignait autrement en n’enseignant pas… 

Je suis un peu cruel, mais elle avait préféré nous faire disserter sur “choisissez un morceau de musique, faites le écouter en classe et expliquez..”. Un brin démagogue, la démarche était en effet plus séduisante pour des préados que d’apprendre à aimer les classiques….. 

En tout cas, je n’ai pas totalement oublié… Quelques choix de quelques camarades, Lionel, comme moi de “culture” classique, avait choisi un prélude de Bach, Nathalie avait apporté Radioactivity de Kraftwerk (oh! Merci!!), Philippe avait partagé Marylène de Martin Circus.. 

Il était mon voisin, et grâce à la chaine hifi surpuissante qu’il avait la chance de posséder, il m’en avait déjà fait les honneurs par cloison interposée! 

J’étais venu avec un 33 tour de Country Joe Mc Donald, ou plus exactement une compil “folk song from America” dénichée chez le disquaire de la place des échopes (ça s’appelait comme ça dis donc!). 

J’avais cherché sans succès la BOF Woodstock… Il avait fallu expliquer pourquoi ce choix, et je ne sais plus ce que j’avais expliqué. 

Je sais que ce qui m’avait alors marqué était ce parti-pris pacifiste affiché, cette invective partagée avec le public. Je l’ai dit déjà, la performance des Who, ce qui en était présenté dans le film, m’avait, musicalement et scéniquement, ébloui plus encore, et je m’en souviendrai…. 

 A y repenser aujourd’hui c’est marrant d’avoir choisi ce titre…. On se l’écoute?

jeudi 1 août 2019

Talk Talk, Marc Hollis



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J’avais prévu de faire un mot sur Talk Talk au début de l’année, mais la disparition de Mark Hollis m’a pris de court: je ne voulais pas, ça ne me plaisait pas, de poster cet article à ce moment là.

Talk Talk, c’est l’un des coups de cœur de nos années 80, de notre “auberge londonienne”.. 

Du temps où on avait décidé d’aller “voir là-bas si j’y suis”, j’ai déjà raconté. 

A cette époque, mon univers était plutôt nourri des Kinks, des Stones, des Beatles et, bien sûr, des Animals et de la voix, de l’aura, d’Eric Burdon.

Mais il y avait cette effervescence post punk, là-bas, cette New Wave, parfois cold, parfois synthétique, et, parfois, très étonnante sans aucun recours aux artifices de ces nouveaux instruments.

XTC, j’en ai déjà parlé. Les Jams, aussi. Eux, les Jams, étaient très marqués par leurs ainés, à la limite du tribute!

Talk Talk, donc, pas encore évoqué ici. Such a shame! Mon Histoire du Rock est tellement peu cloisonnée! De Kraftwerk à James Brown, d'Elton John à Mike Oldfield, etc.
Talk Talk, c’est bien sur Such a Shame, tellement emblématique de cette année 84. 
Le titre entre tellement en résonance avec la fin de ces années passées à Londres! Quel dommage! 
Such a shame, to believe in escape…

Il y avait, au milieu de la chanson, une espère de rupture, une apostrophe, “The dice decide my faith”, le second couplet n’est pas symetrique au premier, et “ça le fait” vachement, ajoute au vertigineux du titre…
Croire qu’on peut fuir, elle est bien bonne. Fuir.. Londres? Il ne s’agissait pas d’une fuite, sinon celle du temps... Mais ce titre disait tout autre chose, et le débat sur la signification des paroles emplit les pages des forums “faits pour ça”. 

La voix de Mark Hollis, à elle toute seule, résonne tellement de ce parfum londonien, entre gouaille et spleen (écouter Have you heard the news!)

Talk Talk inspirera les groupes des années 90, mais ne poursuivra pas une carrière pourtant prometteuse… 4 albums et puis s’en vont, Mark Hollis fera quelques pas en “solo”, puis disparaîtra de la scène et des “radars” du rock… It’s my life, qu’il disait.

Talk Talk avait, selon moi, trouvé une voie novatrice et intéressante entre synth pop et “pop-rock” traditionnel, une “alchimie” envoûtante qui malheureusement n’aura pas une grande “descendance”! A dire vrai, qui a écouté autre chose que It’s My life, Such a shame et… Peut être Talk Talk? Ou Dum Dum Girl, pas mal, aussi, hein? 
Le jazzy résonne (Happyness is easy) dans certains titres, les influences sont multiples, et on aurait tant aimé continuer à suivre ce groupe!

En quatre albums; Talk Talk impose sa marque, et marque son temps. Il est grand temps de redécouvrir ce groupe!!

lundi 22 juillet 2019

Mike Oldfield, Sailor's Hornpipe



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En marge des grands morceaux brillamment composés, sur Tubular bells, bien sûr, mais aussi en d’autres occasion, le grand musicien qu’est Mike Oldfield semblait s’amuser - mais était-ce un jeu? - à composer de petites “pièces” rigolottes, celtisantes...
... Et finalement assez étonnantes comparées à la construction quasi classique des bien connus Tubular Bells part 1 et 2.

Mais aussi à Herdgest Ridge, à Omadawn…. Oldfield, on l’a déjà dit par ici, a composé seul Tubular Bells, et joué pratiquement tous les instruments sur l’enregistrement de l’album… à 17 ans. 

Pour “clotûrer” Tubular Bells, il inclue un “divertissement”, “sailor’s Hornpipe”, qui, dans la version “Boxed”, (un quadruple 33 tours en coffret avec les premiers albums de Mike Oldfield, édité en 1976 et enregistré en … quadriphonie….), est enregistré “live” dans une ambiance “pub”, lors d’une fin de soirée “arrosée” au studio d’enregistrement de Virgin Records ‘the manor’. 

Sur Omadawn, il y avait “on a horseback”, “In Dulci Jubilo” et “Portsmouth”. Mais c’est Sailor’s Horpipe qui m’est revenu à l’esprit ces jours-ci. On avait improvisé une “chorégraphie” débile d’avant sortie du samedi soir,entre étudiants français à Londres, dans notre “auberge espagnole” avant l’heure, en 1982. 

On partageait une colloc, à Boyne Avenue Hendo, NW5. Isabelle, Etienne, Frédéric, et moi. Le souvenir m’en est revenu la semaine dernière, de ce Sailor’s Hornpipe objet de franches rigolades insouciantes, en apprenant les terribles nouvelles de la santé de l’un d’entre nous. 

Que ce petit air traditionnel irlandais, qui rappelle irrésistiblement Popeye, arrive à tes oreilles et te guide vers une meilleure santé!


samedi 29 juin 2019

Elton John, Farewell Yellow brick road , concert à Paris le 20 juin 2019



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Elton John Farewell YBR tour, la scène




Eh bien, après avoir vu Rocketman, je m’étais fixé de faire un article sur Elton John, sur ce que Mon Histoire du Rock lui doit, sur les titres qui m’ont émus, marqué… 

Sur Goodbye Yellow Brick Road qui à lui seul mérite un article..

.. Sur la tournée en URSS en ?? 1978?? J’avais vu à cette époque un reportage sur ce qui devait alors s’appeler FR3? Là aussi, un article devra expliquer, un jour, Bennie and the Jets en live à Moscou! (je vous conseille l'article de la page web Elton John, consacré à ce moment, (https://www.eltonjohn.com/stories/eltons-1979-tour-of-the-ussr-a-look-back ) dont j'ai parlé en mars 2013)

Un autre, peut-être un jour, sur 21 at 33, sur I’m Still Standing et I Guess that’s why they call it the blues, et ma période Londonienne..

Mais arrive le concert du 20 juin, de cette année 2019 où je ne jouerai pas à la fête de la musique. 
Pourquoi? Si tu en sais la raison profonde, fais moi signe! Un peu parce que cette magnifique idée se perd un peu dans les raisons nébuleusement évoquées par les villes, la faute au budget, tu sais, les charges qui incombent maintenant aux communes…. 
Un peu à cause de la sécurité, tu sais la sécurité… Pourtant, il y a deux ans, on avait joué en pleine rue, en plein soleil, en plein délire, en pleine vague d’attentats, et ça avait été vachement bien… C’est super naze parce que le groupe, bien secoué cette année suite au départ du batteur, et d’avoir trop aimé jouer ensemble trop la même chose peut être, et peut être aussi trop pas assez conscient qu’on donnait du plaisir aux gens pour qui on jouait, et que ça nous faisait du bien… 
Le groupe disais-je aurait bien eu besoin de ce vaccin anti “bouaf, je le sens moins cette année”… On devrait reprendre “fuir le bonheur de peur qu’il me quitte”… 

Donc Merci Sir Elton, grâce à toi (on se tutoie, les musiciens, hein? Puis toi, tu t’en fous, Sir Elton… en anglais, tu, vous, hien…) 

Grâce à toi, j’ai vécu 2 heures 40 “in wonderland”. Après tout, c’est le pays d’Alice, isn’t it? Ce concert fut magnifique. La scène, en forme de flipper, nous ramène à Pinball Wizard, avant d’écouter le sorcier du Piano, héritier de Jerry Lee Lewis qu’Elton John apprécie sans doute. Pinball Wizard, dont les notes s’égrennent dans la sono pendant qu’on prend place, avant l’entrée en scène du Maitre. 
Il arrive, à l’heure, la ponctualité est la politesse des rois dit-on… 

Et Elton John, bien secondé - est-ce secondé tant ils font groupe ensemble d’une souriante complicité - Par Nigel Olsson ( batteur), Ray Cooper (Percussioniste): c'est avec ce dernier qu'il fit cette mémorable tournée de 1979... John Mahon, Matt Bisonette et Kim Bullard sont avec Elton John depuis moins longtemps mais sont eux aussi bien dans le sujet! Ils n’écartent pas pour autant le guitariste venu “prendre le relai” de Davey Johnstone, forfait pour blessure… Je craignais un peu je l’avoue, d’avoir à “presque subir” une partie du concert fondée sur les titres récents, “à la roi lion” ou des remix “hip hopés” d’ancien titres. 

Sir Elton, en fin connaisseur de ce qu’il a lui même composé de meilleur sur les meilleures paroles de Bernie Taupin, nous offre une set list de rêve, sans une tâche, et dira-t-on sans un oubli! 
Je vous la livre, si ça vous amuse à la fin de l'article. J’ai concocté une playlist Spotify et Youtube sur cette liste. 
Malheureusement, elles ne restituent pas la magie des envolées sur Rocketman, la magie de Funeral for a friend, l’émotion d’un timbre de voix toujours debout, même si définitivement perdu dans les aigus, mais que Sir Elton transforme en descendant magistralement là où il montait jadis! 
Les tenues de scène sont moins exubérantes, mais le jeu est là. Il a moins de facilité à jouer debout, mais il se lève parfois quand même, par respect pour ce qu’il a représenté pour nous depuis tant d’années. 
C’est peut être un détail, pour vous? Il nous salue enfin, non sans avoir aimablement rappelé ses premiers concerts en France, et courtoisement passé sous silence l’odieux accueil que lui avait fait ce public à son premier passage en France, à l'Olympia à la fin des 60's… 

N’avait-il pas alors juré de ne plus revenir? Merci d'avoir oublié cela, et d'être revenu!!

Je conclurai d’un mot ce billet sur ce concert: Inoubliable.

Je recommande d'aller visiter la page eltonjohn.com 

Set list:
Benny and the Jets
All the girls love Alice
They call it the blue
Border song
Tiny dancer
Philadelphia freedom
Indian Song
Rocketman
Take me to the pilot
Sorry seems to be the hardest thing
Someone saved my life tonight
Levon
Goodbye Norman Jean
Funeral for a friend
Rose lies bleeding
Burn down
Daniel
Believe
Turn them on Sad song
Don't let the sun go down on me
The bitch is back
Crocodile rock
I m still stdg
Saturday night
 Encore (rappel)
Your song

Goodbye Yellow brick road

vendredi 21 juin 2019

Electro, de Kraftwerk à Daft Punk à la Philarmonie



Une promesse de grand moment….

Une exposition qui porte sur la musique, c’est forcément une bonne nouvelle…

Dans un lieu qui lui est dédié, whaou..

Sur un thème à priori pas hyper porteur, enfin, c’est ce que j’avais bien voulu croire…
Car tout indique que je me suis emballé un peu vite, que j’ai “mal lu”…

Je croyais venir et apprendre, comprendre, enrichir mon histoire du rock, sur la genèse, l’histoire, les techniques et “outils” de la musique synthétique, électronique.

Repartir en “sachant tout” des ancêtres des sampleurs et des boites à rythmes modernes, sur le passage du courant dans des tubes, puis des transistors, puis des circuits intégrés….
Entendre et lire les acteurs actuels de l’electro se référer à leurs mentors (ce que laisse croire l’affiche..)

Voir, entendre surtout et pourquoi pas “toucher” un Fairlight CMi, un Vocoder en action (et pas tout en haut d’un présentoir)..

Comprendre pourquoi la synthèse FM chère à nos DX7 est différente de la synthèse soustractive....

Avoir des trucs à entendre et à lire sur les groupes, Kraftwerk, Tangerine Dream, Gershon Kingsley...
.... Vangelis? Georgio Moroder....

On le comprend, l’expédition à la Philharmonie a été un tantinet décevante.
Oh, il y a bien une dizaine (suis-je mesquin? Est-ce que je compte mal?) d’instruments, dont quelques ancêtres remarquables: Ondes Martenot, Thelarmonium, et quelques synthés mythiques sont bien là, mais l’expo est plus un parcours contextuel qu’une expo destinée aux musiciens.

Le commissaire de l’exposition, Jean-Yves Leloup le précise d’ailleurs “On aurait pu sous-titrer l’exposition 'Codes et cultures' ou 'Cultures et imaginaires'. “. C’est assez vrai, et cela aurait été peut être plus juste.

Je n’ai donc pas tout à fait trouvé ce que j’étais venu chercher, mais n’en fais pas le reproche à ceux qui ont œuvré pour cette exposition: sociologique et culturelle plus que musicale ou technique,
"Electro : de Kraftwerk à Daft Punk" ne démérite pas. Le parti pris est clair, et la démarche expliquée et justifiée.

La critique (au sens littéral) que je fais ici ne remet pas en cause la qualité de ce qui est présenté, de la façon dont c'est présenté, mais plutôt un regret de ce que je n'ai pas trouvé, parce que j'ai cru que c'est ce que j'allais y trouver.

Gardons le regret que les instruments, ceux qui sont présentés (hommage ici à Jean-Michel Jarre qui prête une belle partie de sa collection) soient un peu “relégués au second plan”. Et espérons que les non initiés arrivent à comprendre que ce truc sous vitrine exposé dans une reconstitution de studio est la harpe laser qu’il utilise en concert!.

vendredi 31 mai 2019

Rocketman , Elton John



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Rocketman, Elton John

Rocketman, le film




D’abord, je dois dire que j’ai beaucoup aimé le film.

Pourtant, quand on attend avec impatience un film, on est parfois déçu de la distance entre ce qu’on s’attendait à voir, et ce qu’on ressent en voyant le film.
Il faut dire qu’à la manière d’Elton John, le film est un peu un ovni: Ce n’est pas tout à fait sérieusement un “biopic”, avec sans aucun doute quelques écarts par rapport à la réalité des faits, et de toute façon une narration ni linéaire ni complète de la carrière d’Elton John. 

Ce n’est un film vraiment musical. Ce n’est pas non plus un “musical”, mais tout de même, de très belles séquences et chorégraphies (la scène d’intro, géniale, et celle sur Saturday night’s allright, vraiment top également). 

Un peu dommage, on aurait volontiers apprécié plus de passages de ce type! Le parti pris semble être onirique, et l’ambiance définitivement “Glam Rock” semble nous plonger littéralement dans la tête d’Elton John. 
Car Elton John, avant Queen, bien avant Bowie, avant T Rex aussi, EST le Glam Rock.

On “vit” le truc, et il n’est pas particulièrement complaisant envers lui-même. L’emphase est même en fait mise sur le côté noir, torturé certes mais pas toujours sympathique du gars…. Ce qui par l’ellipse de ce “mea culpa”, le rend touchant!! 

On comprend que cet immense artiste vit littéralement pour la musique, le côté ‘enfant surdoué’ est traité, sans trop insister, et avec humour. Le film pointe le côté frustrant de la quête commune a beaucoup d’artistes, qui viennent chercher dans une surexposition et une “mise à nu” de leurs feelings, une affection dont ils ont manqué, et qu’ils se refusent à accepter lorsqu’elle leur est offerte: à cet égard, la relation avec Bernie Taupin est assez significative. 
Elton John est selon moi un artiste de premier plan, un rocker immense, un compositeur de génie. J’avais écrit il y a plusieurs années ce qui pouvait être un reproche, dans ce que je considérais comme son virage vers la variété. Il y a eu ensuite un virage vers les courants “modernes”, que ce soit rap, hip hop ou autre beat music. 
Quoiqu’il en soit, sur ces points, deux choses: L’une est cette habitude française, dont je souffre donc également parfois, qui consiste non seulement à classer dans des cases, mais aussi à cloisonner ces cases et à ne pas admettre les passages d’un genre à l’autre. 

C’est nul, je suis nul lorsque je réagis ainsi. Même si les duos avec Kiki Dee, RuPaul, 2Pac, son peu de mon goût, ces titres ne ternissent pas la réputation d’Elton John, devrait-il en rougir? Rocketman est un film fabuleux, dans tous les sens du terme, il raconte une histoire d’Elton, John sous la forme d’une fable, laissa nt grande place à sa musique. 

On n’est probablement plus dans l’auto-analyse publique par Elton John de ses travers (drogue, alcool, boulimie), de l’impact de ces excès (passés) sur sa relation avec son entourage, que de la biographie complaisante, précise et didactique. 
 Elton veut “publiquement” renouer avec Reggie, ce qu’il fait à la fin du film. Entre temps, il nous fait partager son talent, la force tranquille de sa musique et en dévoile un peu ses origines. Pour partie, je regrette de ne pas l’entendre chanter dans le film, mais il faut reconnaître que ce qui est peut être modestie dans ce choix laisse place à un gars qui, en plus de figurer vachement bien le personnage, touche bien sa cacahuète lorsqu’il chante. N’y allez pas pour en apprendre sur l’histoire “derrière” la tournée en URSS, sur son amitié avec Lennon, sur tant de “faits” qui ont construit sa carrière. Je vous l’ai dit, ce n’est pas un biopic. C’est un conte, presque sous la forme d’une comédie musicale. Comme si la vie d’Elton John avait été un rêve, entrecoupé de cauchemards, qu’il s’attache ici à les comprendre  pour les exorciser..

Je ne l’ai pas dit encore? J’ai adoré ce film. 
Et J’aime beaucoup ce que fait Elton John. 
Depuis très, très longtemps. Et pour encore longtemps. 

 Alors bon, c’est pas du pure rock’n roll… mais damned, c’est vachement bon, hein?


samedi 27 avril 2019

Deep Purple, avant Smoke on the Water....

DEEP PURPLE avant Smoke on the Water 

Deep Purple, hard rock???

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Tout le monde connait Smoke on the water. 

Tout le monde reconnaît dès le premier riff ce titre, dont Mon Histoire du Rock a déjà fait l'apologie il y a bien longtemps. 
C'est vrai que cet album, Machine Head, est particulièrement percutant et réussi. On ne revient pas sur le fait que le morceau le plus connu du groupe, le plus connu de l'album, soit issu d'un hasard, soit probablement le moins "travaillé".. 

On va donc essayer de jeter une oreille du côté du Deep Purple moins connu, sans verser dans la monographie historique de ce groupe, dans la biographie de ses membres et dans les raisons de tel ou tel départ. 
Je dis souvent ici que je laisse ces sujets aux spécialistes, je ne prétends pas avoir l'expertise, et revendique l'éventualité d'un regard d'un avis, partial, plus emprunt d'émotion que d'exactitude, au risque de contradictions assumées. 

Le premier contact que j'ai eu avec Deep Purple remonte aux années 70 avec Burn et Hush, tu vois qu'on est loin du presque hard rock de Smoke… Ces titres de 1968 montrent une facette de Deep Purple bien différente de celle, métallique à souhait, dévoilée sur Machine Head. 
Pourtant, le groupe conservera sur cet album les longues tirades psychédéliques, voire jazz (Lazy, Picture of Home). Mais les premiers opus du groupe marquent bien davantage les références au classique, que ce soit par le choix des instruments (le synthé étant positionné très en avant) que par les compositions elles mêmes, revendiquant un héritage baroque. Bref, je vais pas sombrer dans l’analyse… 

Deep Purple a énormément évolué, dans sa forme, ses membres… Le style, le type de musique en a forcément été marqué! Il arrive -souvent - que le changement de style d’un groupe soit mal perçu, tellement abrupte ou opposé que l’auditoire s’y perde.. 

Ce n’est, à mon avis, pas le cas de Deep Purple. Une période pop, presque glam, une période euh… quasi free jazz, si j’ose, une période rock, très rock, qualifiée ensuite de hard rock… L’alchimie est osée, entre ce rock planant (Child in time, l’intro…..) et ce rock 70s “hard rock” donc (le même Child in Time, outro)… 

Mais dès l’origine la sensibilité classique, l’osé “mélange des genres” est livré au grand jour (4 ème album!!! )… avec le concerto for group & orchestra… Il faut, je vous y incite, explorer cette discographie et ce groupe, tout autour des albums qu’on connait tous: Machine Head, In Rock, Fireball… 

Comme le stipule le titre de cet album de 1975: “Come taste the band”!! Bonne écoute!


dimanche 17 mars 2019

Madness Night Boat to Cairo album One Step Beyond



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Les mecs de Madness montrent sur ce premier album qu’ils aiment bien les structures iconoclastes dans la construction de leurs titres: pas de refrain, ou des changements d’accords bizarres, des titres qui n’ont pas grand chose à voir avec les paroles des morceaux… 

Ici, sur Night Boat to Cairo, ça commence comme un instrumental avec l’exclamation du titre scandé par Suggs… titre qui ne sera pas répété ensuite, sans refrain non plus. Bref, pour saisir, le mieux c’est que tu écoutes! 

C’est pas mon titre préféré de l’album, mais comme je l’ai déjà écrit, je n’ai jamais considéré un seul des morceaux de One Step Beyond comme de moindre valeur… 

One Step Beyond, c’est 14 titres (parce que Chipmunks,c’est pas vraiment un titre, n’est ce pas..) inoubliables, nouveaux à l’oreille pour l’époque: 

Avoue, ça n’a pas pris une ride, 40 ans plus tard!! 

Madness, s’inspirant du Rocksteady et du Ska, se démarquent assez fortement de leur ‘mates’ du label 2 tones, des Specials, des Selecters. A vrai dire, le son est moins “rough”.

Mais si le son perd en “authenticité”, par ce beat très marqué et ce son à vrai dire assez marqué “FM” et “New Wave”, Madness apporte (mais suis-je objectif?) avec ce “Nutty sound” une nouveauté, une pêche, un “vibe” étonnant, “rafraichissant”… 

J’ai toujours pensé que “Night Boat” était un titre un peu plus “facile”, “radio edit”, et mon côté snob boudait un peu ce titre. Mais franchement c’est se la jouer un peu, et faire la fine bouche. 

En novembre 2018, Salle Pleyel, Madness termine, comme souvent, le rappel avec ‘Night Boat’. 

Le titre a mes faveurs actuelles, pour la place assez significative donnée au saxophone une place de choix…. On se l'écoute?


dimanche 10 mars 2019

Iggy Pop, the Stooges



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Je lisais l’autobiographie de Philippe Manoeuvre dans laquelle notre rock critique national explique que sa génération a “raté” Jim Morrison, mais avait eu le privilège de pouvoir “suivre” Iggy Pop. 

Je reçois ce théorème comme celui qu’exprimerait un grand frère du rock, puisque ma génération a “raté” les Stooges, et donc Iggy Pop, comme lui a raté Morrison. 

Ma génération aura Ian Dury, ce qui n’est pas mal non plus! Et peut-être (sans doute) Dr Feelgood, aussi.

Il reste qu’Iggy Pop est effectivement l’un des Maitres du rock’n roll, précurseur du Punk, rescapé de tous les excès, sauvé, dit-il, par Bowie, et auquel on pardonnera quelques “loupés” comme son disque de reprises de titres de variété française… 

J’avoue qu’on n’écoutait pas trop Iggy Pop, au temps ou s’est construite mon histoire du rock. 
J’avais fait connaissance, en ces temps sans internet, avec le Maestro, à l’écoute du Trans Europ Express de Kraftwerk, dis-donc!

En gros, ça disait: “From station to station Back to Dusseldorf City Meet Iggy Pop and David Bowie Trans-Europe Express” 

En 1977 y avait pas foule de moyens de se documenter sur cette passion naissante pour le rock’n roll. Déjà, trouver un 33 tours un peu exotique c’était pas facile, alors, découvrir, apprendre, explorer…. 

Tu aurais pu, dirait le même Philippe Manoeuvre (mais bon faudrait-il encore qu'il vienne me parler...) lire Rock'n Folk.... ouais, c'est vrai, mais même en lisant Rock'n Folk, que je préférais (fayot) à Best, se documenter à partir de là, bof. 
Aujourd'hui, un ptit coup de Youtube, un cloin d'oeil à Google et hop! Je (crois que) je sais tout.

Ici, on préfère écouter, ressentir....

J’avais déniché le “Trans Europ Express” en question je ne sais où, pont incroyable entre la musique electro balbutiante et le rock dur, primal, prélude au Punk et au Garage, d’Iggy Pop. 
Bien sûr, Kraftwerk faisait allusion à la période dite “berlinoise” de Bowie et d’Iggy Pop, mais on le saurait plus tard.. C’est donc pas à cette époque que j’ai pu découvrir “l’Iguane”, ses prestations envoutées quasi shamaniques (c’est pas pour rien que Philman fait le lien entre Morrison et Iggy Pop, hein…). 

 C’est sans doute The Passenger qui m’a fait découvrir Iggy Pop, et probablement par la reprise qu’en a fait Siouxie and the Banchees dans les années 80…. Fun House, qui est un vrai chef d’oeuvre, ne m’apparaîtra que beaucoup plus tard, et j’ai, comme disait Brassens, le sentiment de le regretter! 

On est là en effet hyper loin du succès incroyable qu’il a eu avec ‘In The Death Car’, dans les années 90. Mais c’est une autre histoire. 

Fun House donc, je vais pas changer la tradition qui veut que Mon Histoire du Rock n’est pas le lieu de la rock critique, ni de la décortication d’un album ou la savante encyclopédie d’un groupe. Comme dit l’autre, t’façon j’étais (presque) pas né. 

Mais Fun House, tu prends to Deezer ou to Spotify préféré (ou tu vas sur la playlist de Monshitoiredurock sur le dit Spotify qui va pas tarder à se voir agrémentée de quelques titres de ce temple du rock). 
Et écoutons Down on the street, qui, tout de même, en 1970, préfigure bien de la suite, non? Dirt est pas mal non plus, hein? L’album se termine sur quasi 5 minutes de cri primal et de déchaînement extraordinaire, que je laisse les puristes commenter, et les néophytes, découvrir…