samedi 19 décembre 2015

John Lennon, 1940, 1980

John Lennon


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John Lennon est mort assassiné le 8 décembre 1980 ; On a donc beaucoup reparlé de lui ces temps-ci, d’autant plus que le morceau emblématique de l’icone Peace and love (Imagine) avait tristement résonné quelques semaines, et quelques mois plus tôt, à Paris et dans plusieurs endroits du globe.

Faut-il encore écrire sur John Lennon? Tout n'a-t-il pas été déjà écrit? Ce blog ne souffre-t-il pas d'une forte disproportion de billets sur les Beatles?

Vas-tu, lecteur, en avoir marre?

Si c'est le cas, dis-le, les commentaires sont fait pour ça. Et ne sois pas rebuté que je te tutoies, piquant deux grammes de style à San Antonio, mais surtout présageant du fait que ce blog n'aie qu'un seul lecteur (à la fois...).

Ce billet est inspiré par le détour au pied du mur Lennon à Prague.

Donc donc, John Lennon.

On le trouvait un peu gnangnan, un peu pontifiant, un peu "grand frère qui va nous dire la vie", en 1980, et ça nous les brisait menu.

On écoutait plutôt du bon gros rock, du blues bien gras, façon AC/DC ou ZZ TOP, ou bien les Ramones, XTC et les Inmates. Mais aussi les Specials et Madness, faut bien rigoler un peu. Debbie Harry semblait plus désirable à nos libido adolescentes que madame Ono.

Il paraissait d'un autre temps celui de l'optimisme, du lendemain qui chante et de ce qu'on appelle aujourd'hui la croissance, toutes choses qui nous paraissaient improbables, tout autant que cette indéfectible volonté de changer le monde: Tout ça nous paraissait à la fois vain et simpliste, dépassé et présomptueux. Artiste engagé, l'engagement des "Bed-ins" nous paraissait bien faible, dans le confort d'un hotel d'Amsterdam….

Lui et Yoko Ono semblaient ressasser encore et encore les thèmes chers aux années 70, qui nous paraissaient alors décalés et hors de propos. Has been.

La New Wave naissait, à rebours des grandes causes qu'elles soient Punk ou Hippies, dans une ambiance de crise, de relations Est-Ouest des plus tendues, d'impasse au plan des relations sexuelles (Sida). Elle se nourrissait de tous ces courants ainés, du pub rock et du glam, aussi. Et y mettait son grain de dérision et de fatalisme.

Faites l'amour, pas la guerre, qu'il disait. Les deux semblaient vouloir mener à la même mort certaine, et Lennon (mais il n'était pas le seul) semblait ne pas avoir vu ça venir, et continuer à prôner l'amour libre, auquel nous n'aurions droit que sous latex.

A vrai dire on lui attribuait sans doute une grande part dans la responsabilité de la séparation des Beatles, et ça jouait pas en sa faveur. Même si au Beatles je préférais les Animals et les Who. Même si je ne viendrai que plus tard reconnaitre la richesse et l'importance des Fab Four. Même si la responsabilité de cette séparation était sans doute bien partagée, et le sujet bien plus complexe qu'il n'y paraissait...

Aujourd'hui Lennon passe pour le pur et dur, le tenant de l'axe Rock des Beatles, quand McCartney serait le responsable de la ligne guimauve. Va savoir.

Et si on s'en foutait un peu? Peut-être Lennon était-il effectivement plus porté sur le rock'n roll, adulant en particulier Mr Rock'n Roll, j'ai nommé Chuck Berry.

Mais dans les années 80, il tendait à le cacher un peu tout de même. N'affirmait-i-il pas que Bob Dylan, qui n'était pas pour nous une icône du Rock'n Roll, était l'un de ses principaux modèles? On retenait plus de lui ses créations mièvres (Imagine, Woman, etc) que ses bœufs télévisés avec Chuck Berry.... Pas mal "téléphonés", et dus aux nécessité d'un accord avec Le Grand Chuck, pour éviter un procès pour plagiat autour de "come together"..


"I've been shot", seront ses derniers mots, un soir de décembre 1980 au pied de son immeuble, le sinistre Dakota Building...

Viendra, plus tard, le temps ou Imagine prendra sa signification, à la porte d'un journal d'abord, puis dans la rue, en face d'une salle de spectacle tristement célèbre d'un soir de folie.








samedi 5 décembre 2015

T.REX, Marc Bolan

T.REX


Marc Bolan, icone du Glam Rock

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 Tout le monde ou presque a oublié T Rex. 

Bowie seul règne dans les mémoires quand on évoque le Glam Rock, et il me semble que c'est un peu injuste. 

Je prends donc le sujet et Mon Histoire du Rock va tâcher de vous donner envie d'écouter ce groupe!

Difficile aujourd'hui d'imaginer le succès énorme que ce groupe a connu au tout début des années 1970. On compare presque, à l'époque, T.Rex aux Beatles!!! (parrenthèse, je vous rappele qu'on a fêté Rubber Soul cette semaine!)

Si si si!!! Il faut dire que ces derniers se sont séparés en 1969 et que la place est libre, pour Marc Bolan et son groupe!

Formé en 1967, le groupe est alors d'influence folk, un brin ésotérique sans doute pas très loin d'un Magma par exemple. Cela ne tient pas très longtemps, et c'est sans doute John Peel, l'animateur phare de la BBC, qui poussera Marc Bolan à faire prendre à T.rex ce virage "Glam".

En 1971 T.Rex sort Electric warior, puis The Slider, qui lancent la vague "Glam Rock". Le groupe est produit par Tony Visconti, qui produit également David Bowie…. On reste en famille.

Ceux qui lisent un peu ce blog savent que selon moi, le Glam est pour partie à l'origine de la New wave de nos années 80. C'est dire l'importance que je donne à T.Rex, que je mentionne peu souvent pour ne pas passer pour un has been trop irrécupérable…

Cette scène Glam, ce "courant", dans lequel on retrouvera Bowie, évidement, mais aussi Queen, compte également Elton John dans ses rangs. 

On sait ici que je considère Elton John pour bien plus que le rôle de vieux chanteur de variété dans lequel beaucoup l'ont laissé choir:la preuve dans ce "Children of the revolution", dans lequel vous ne manquerez pas d'apercevoir aussi Ringo Starr:


Children of the revolution sera repris entre autre par Pete Doherty


Mais je me souviens surtout de "Get it On", évidement, écouté sur les routes du Vexin, où nous passions les week ends, pas très loin du lieu où T.Rex avait enregistré l'album suivant, 'the Slider'. 
Le Glam rock était déjà tombé dans l'oubli. C'est l'année ou Marc Bolan, se tue en bagnole, T.Rex meurt avec lui. Reste Bowie, "évidement", et sans doute un peu Queen, tandis qu'Elton John s'éloigne des frontières du rock. En France, Au Bonheur des Dames s'inspirera du Glam.
Marc Bolan était en train de se rapprocher du mouvement Punk, il n'aura pas le temps d'aller très loin en ce sens…

Le pub rock (dont nous a parlé l'ami "ça dépend des jours" (voir le lien)) aura donc eu raison du Glam? À moins donc que la new wave, quelques années plus tard, ait assuré une suite?



samedi 21 novembre 2015

Janis Joplin

Janis Joplin  

"Pearl"


LA voix féminine du blues.


LA voix du Summer of Love



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Mon Histoire du Rock décide cette semaine de mettre (enfin) Janis Joplin à l'honneur.

Janis Joplin devenue l'icône du rock californien des 60's, étoile filante dans le ciel du rock'n roll.


Plus encore que Melanie Safka,  qui suivra plutôt les traces folk de Joan Baez, et que Grace Slick(plus psychedelique et qui d'ailleurs quittera la sphère musicale pour les arts graphiques), Janis Joplin est la voix feminine du blues des années 60.
Elle établissait une distinction entre les hyppies, qui, disaient-elle, croyaient en une société et un monde meilleur, et les Beatnik, désabusés, qui n'y croyaient pas et adoptaient une attitude mi épicuriennne mi auto destructrice.

Disparue trop tôt, dans ce tourbillon fatal qui engloutira presque en même temps les " 4 J "(Jim Morison, Brian Jones, Jimy Hendrix et donc Janis Joplin), formant ainsi la promo "69/71) du club des 27.

Janis Joplin tentait d'oublier dans ses chants, cris de désespoir, et dans les excès de drogue et d'alcool, le mal de vivre qui la hantait, et sa peur constante de n'être pas aimée pour ce qu'elle était.

La Dame était particulièrement  instable et toujours en quête d'un autre chose destructeur. Perpétuelle insatisfaite, et craignant toujours de se faire avoir, elle quitta systématiquement chaque groupe qu'elle avait rejoint ou formé, à l'aube des premiers succès.

Son tempérament explosif lui donnait toutes les audaces, mais la laissait souvent dans une désespérante solitude:

“On stage, I make love to 25,000 different people, then I go home alone.” 


On n'entend plus beaucoup Janis Joplin de nos jours, et c'est regrettable. Elle avait le blues en elle, il suffit d'écouter… n'importe lequel de ses titres! Digne héritière d'Etta James et d'Ella Fitzgerald, Janis Joplin n'aura que trop peu de temps pour exprimer son art. Elle entre en studio pour enregistrer ce qui doit être l'album de sa consécration, après avoir enchanté San Francisco, Monterey (prestation énorme!!!) et Woodstock.

A Woodstock, sa prestation sera jugée décevante, y compris par elle-même. 
Woodstock est un mythe qui repose plus sur ce qu'on en raconte que par la qualité des prestations de chacun des artistes: Janis n’échappe pas à cette règle, ayant pas mal abusé des drogues et alcools à disposition des artistes pendant les trop longues attentes des trop longs retards (elle monte sur scène avec 1/2 journée de retard sur l'horaire!). Sa prestation (comme celle de CCR entre autres) ne sera pas conservée sur le film: les Directors cut la montrent hagarde, paumée, sans voix…).



La nuit précédant l'enregistrement du dernier morceau de l'album (Mercedes benz, dont elle n'a encore enregistré que la voix), elle tombe une fois de plus dans la solitude et la drogue, mais ce coup-là, ce sera la dernière.


Le 4 octobre 1970.


Je me souviens que ma sœur avait acheté "Pearl", je me souviens de "Cry Baby", a fond sur son minuscule electrophone; c'était avant les chaines hifi, bien avant les MP3…

... Je n'avais pas eu besoin de le lui emprunter. Le pauvre petit trucophone avait longtemps vibré au son de Pearl.....

Janis Joplin...

... Un journaliste lui avait demandé, un jour qu'elle retournait à Port Arthur, dans son Texas  natal: quel est votre meilleur souvenir du Texas? "Le jour ou je me suis tirée d'ici".



Get It While you can, un titre qui résume parfaitement Janis Joplin






samedi 7 novembre 2015

1979

1979



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La bande son des années Lycée



1979 dans le rock

Une année entre Punk et Disco


Un cher Ami et fidèle lecteur, qui est aussi camarade d'évasion musicale (c'est bon, pour le cirage, Patrick? Tu ne rougis pas trop?) me taquinait récemment sur l'année 1979. Je pourrais selon lui considérer les titres de ces année-là comme trop récents.. Et donc nuls.


Tu oublies que 1979 est l'année de mes 16 ans, mes années Lycée, les années Feed Back de Bernard Lenoir qui nous a tout (ou presque) appris!

Mis au défi, je vais me livrer ici à un inventaire nécessairement incomplet de l'année 1979. Nous allons nous balader parmi (comme écrivait Frédéric Dard, que je lisais beaucoup à cette époque-là).

Un autre camarade, dont je suis le lecteur, me dit se documenter sur le son des early 80's pour un prochain ouvrage; Marc, puisses-tu trouver ici quelques souvenirs de cette année 1979 où nous avons partagé les bancs d'un Lycée de Versailles.


Ce sera sans doute amusant de comparer l'avis qu'on s'en faisait, à l'époque, et le regard qu'on y porte aujourd'hui. Chacun pourra commenter en bas de page.

1979 est une année charnière: coincée entre le Punk qui devait tout remettre à plat et crachait sur le Rock'n Roll, et la New Wave qui le réinterpréterait en usant des mêmes codes.

1979 est aussi une grosse année pour la disco, que le Rock peinait à étouffer (voir déjà "Goodbye Sister Disco" des Who en 1978..d'autres titres ci après partagent la même rage). 


C'est aussi l'année que choisit Elton John pour une tournée mondiale avec Ray Cooper, qui les mènera en URSS: Je garde intact et ému le souvenir de ce reportage, et du magnifique Bennie and the Jets

L'opposition rock disco tourne parfois au cirque, comme en juillet à Chicago (j'avais posté sur Facebook des images de la DDN, Disco Demolition Night, où chacun devait apporter ses vynils de Disco pour les faire littéralement sauter lors d'un spectacle dans un stade!

Mais c'est une année ou je pensais trouver Queen, les Wings (que je n'aimais vraiment pas), et où je ne pensais pas trouver déjà les chers Blues Brothers

C'est aussi l'année de Grease et de Starmania, je juge que leur place n'est pas ici.

On va le voir, le Rock s'efforce de résister, avec parfois une véhémence dans le propos et le titre, au disco, omniprésent.

On y va, façon éphéméride (quoi mes rides, qu'est-ce qu'elles ont mes rides): J'avoue avoir eu besoin de l'aide de Wikipedia et autres sources web, pour dater mes souvenirs et les cadrer dans les limites de 1979.

Que ces sources soient ici remerciées, m'évitant d'introduire dans la liste un 'Bicycle Race' de Queen, et d'oublier les Blues Brothers que ma mémoire faisaient naître autour de 1980, 81, par exemple: Il fallait pour l'exercice rester en 1979.

https://en.wikipedia.org/wiki/1979_in_music
http://www.playlistresearch.com/1970s/1979rockhits.htm
http://www.rockmusictimeline.com/1979.html

Janvier:
Ça commence "mal" pour le Rock, avec Village People YMCA
Mais ça commence bien avec Dire Straits "Sultans of Swing"
Entre les deux, Blondie "Heart of Glass", dont j'ai déjà parlé sur ce blog.
Elvis Costello (armed forces) Accident will Happen, un rock énergique et teinté de beat new wave.

Février:
Rod Stewarts, qui était mieux inspiré lors qu'il était leader des Faces, succombe à la mode disco et sort 'D'ya think I'm sexy' , qu'on entendra jusqu'à plus soif.
Les Bee Gess sortent "Tragedy" Février est donc dramatiquement disco
The Blues Brothers relèvent le niveau - Soul Man

Mars:
Supertramp sort Breakfast in America
Bob Seger vent debut contre le disco: Old Time Rock'n roll
Gainsbourg sort l'album reggae "aux armes et caetera", en s'entourant des musiciens de Bob Marley

Avril:
Amii Stewart Knock on wood, en plein disco, une pépite?
Telephone, Crache ton venin. Le début de la fin

Mai:
The Undertones Teenage Kids
ELO Discovery (very disco, faut l'avouer)
Kiss I was made for loving you: t'en veux du kitch?
Earth Wind and Fire Boogie Wonderland
Trust sort son premier album et affiche sa filiation avec AC/DC (reprise de Ride On)

Juin:
Joy Division Unknown pleasures
The Cure Three imaginary boys (et Boys don't cry !!)
The Cars Let's go, le 12 juin. On a complètement oublié The Cars Quelle erreur!! c'était en plein à la charnière rock/new wave. Candy-O, quelle pochette, Blondie n'a qu'à aller se .. Rhabiller… (souvenez vous Just What I needed en 1978..)
Pat Benatar ou la vache, ça me rappelle un truc très très très précis!! (Heartbreaker, I need a lover)
Robert Palmer - Bad Case of Loving You. Il sera ensuite plus "New Wave".

Juillet:
AC DC Highway to hell: le groupe devient populaire, lâche un peu le Blues rock pour aller vers un rock FM plus consensuel, mais ici avec maestria!
B52'S rock lobsters
Boomtown Rats I don't like mondays, moi j'aimais les Boomtown Rats.
(Sortie du Walkman de Sony)
12 juillet : à Chicago, la Disco Demolition Night manque de dégénérer en émeute.

Aout:
Pop Musik (M, mais pas celui que vous croyez)
The Knack My Sharona
Foreigners - Dirty White Boy, rock pur et dur qui parle d'Elvis Presley..
Neil Young Hey Hey My MY (Rock'n Roll can never die), comme quoi ça inquiète tout le monde!
Septembre:
Sugarhill Gang Rapper's Delight premier tube hip hop?
Led Zeppelin In Though th Out Door, les héros sont fatigués?
Gary Numan The Pleasure principal: La new wave sort de son cocon, façon electro-pop. Du Krafkwerk léger, en quelques sortes.
Sniff'n the tears - Drivers Seat
Buggles Video killed the Radio Stars

Octobre:
Rickenbacker en bandoulière: Tom Petty and the Hartbreakers sort Refugee: encore un oublié!
Fleetwood Mac Tusk
Blondie Eat to the beat (Atomic)
The Police second album Regatta de Blanc (Roxane, Walking on the Moon, message in a bottle)
Prince I wanna be your Lover
Status Quo Whatever you want, bon gros rock puissant, là encore oubliés aujourd'hui

Novembre:
The Wall Pink Floyd
Madness One Step Beyond
The Specials Gangster

Décembre:
The Clash London Calling, à tort considéré comme album Punk: c'est du rock mes amis. Du bon.
Jacques Higelin Champagne pour tout le monde et Caviar pour les autres... , enregistré en partie à Herouville (95).

Voilà, la promenade est finie, j'espère n'avoir rien oublié!



dimanche 1 novembre 2015

Supertramp Even in the quietests moments

Supertramp!

En 1979, on découvre Breakfast in America.... alors, on va chercher Crisis, What Crisis, et Even in the quietest moment, 

chez le disquaire du coin!!


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Fool's Overture, composé par Roger Hodgson Supertramp ne dit plus grand-chose à grand monde aujourd’hui.

C’est dingue, parce qu’à la fin des années 70 (donc, le début des années 80, si vous me suivez, c’est-à-dire, pour nous petits français, 1979, date du fameux concert du pavillon de Paris, salle mythique, d’avant le Zenith, dans laquelle se sont produit tous les groupes de l’époque devant… 10 000 personnes…
Supertramp donc, dont l’album Breakfast in America fut LE révélateur, a en réalité proposé ses meilleurs albums avant celui-ci !
Ce qui suivra sera moins brillant, moins novateur, moins… Ce qui démarquait les albums de Supertramp, c’était le mix entre des titres au format « court », et, sur chaque album, un morceau long, mini « concept morceau », comme au bon vieux temps du psychédélisme… Child Of Vision, Cannonball… et bien sûr Fools Overture, sur Even in the quietest moments.
Supertramp a commencé avec une certaine complicité des deux « leaders », autour d’un rock progressif et ouvert à beaucoup de sonorités et d’instruments (saxo, trombone, orgue Wurlitzer, harmonica, mais aussi mélodica, une espèce d’hybride entre un clavier et une clarinette…), et a « fini » par une bizarre rivalité ou chacun des deux composait un titre en espérant faire mieux que l’autre...

pour aboutir à pas mal de vrai bons morceaux… cossignés. Breakfast In America sera suivi d’un album avant que l’un des deux leaders, Roger Hodgson, ne quitte le groupe. Il manquera ensuite une dimension aux albums de Supertramp, une face au miroir, sans qu’on puisse vraiment déterminer « ce qui manque », et il est difficile de déterminer qui est l’auteur de tel ou tel titre, si ce n’est en écoutant qui le chante (chacun chantant généralement ses propres compositions). Une belle entente transcendée par une homogénéité dans les albums, au point qu’on se demande pourquoi la séparation est devenue tellement conflictuelle qu’elle rend une reformation hypothétique…


Mais les deux anciens co-leaders savent-ils eux..


 

dimanche 11 octobre 2015

Le meilleur Live de tous les temps? Jerry Lee Lewis au Star Club, 1964

Jerry Lee Lewis, Star Club, Hambourg,

1964.

Great balls of fire!!


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Le Rock'n Roll, celui des pionniers, mélange explosif de country, de Hillibilly, à dominance blanche et de Blues, à dominance noire, est moribond. La révolte adolescente qu'il a suscité s'essouffle dans le confort de la société de consommation. Le renouveau tarde à venir du côté du nouveau monde.

C'est en Grande Bretagne, devenue au début des années 60 "l'endroit où ça se passe" dès qu'on parle d'art, que ce soit musique, peinture, cinéma.

Sans doute dynamisée à la fois par le bonheur de se sentir sorti de la période de privation des années de guerre, et probablement aussi vitaminée par le boom économique issu du plan Marshal, qui inonde de dollars les pays qui en veulent bien, la Grande Bretagne va être le berceau du renouveau du Rock.

Cela étant dit, le Royaume de Sa Majesté n'est pas un modèle de laxisme et de souplesse d'esprit. A ce titre la "biographie" que livrera Pink Floyd dans The Wall est édifiante. C'est donc "overseas", principalement en Allemagne, que certains jeunes groupes britanniques feront leurs premières armes. Un peu plus tard, on y reviendra, les jeunes british s'extirperont de la censure bien pensante de la BBC en installant des émetteurs radio sur de vieux bateaux croisant en dehors des eaux territoriales (voir "Good Morning England").

Hambourg, port réputé (sans jeu de mot) pour sa faune et l'ambiance délétère qui y règne, accueillera donc un certain nombre de jeunes anglais, parmi lesquels les Beatles, bien sûr.

On s'extasie souvent sur la fulgurance du succès de ce groupe, son immense talent résumé en 200 titres publiés en moins de 10 ans. On en oublie souvent que ces quatre jeunes types ont eu un sacré entrainement, à Hambourg.

Mais c'est un peu une autre histoire. Il se fait donc que l'épicentre du rock'n roll s'est déplacé de Memphis à Londres, de Chicago à Hambourg, en ce début des années 60.

Les "vielles" star du Rock US (Chuck Berry à la quarantaine en 1964 et Jerry Lee la trentaine) profitent du regain d'intérêt qu'on porte ici, en Europe, à leur musique, celle qu'ils ont créée, et que les radios et le public tend à délaisser au profit des girls groups, de la surf music et autre Soul naissante.

Et puisque le public Européen en demande, on va leur en donner.

C'est donc l'histoire de la conquête de la vielle Europe par les vieux briscards du Rock! Elvis Presley, celui par qui tout à commencer, n'est plus de la partie, devenu une espèce de caricature guimauve et adipeuse pour mémé à Las Vegas. Veux (mais persistants) restes de ségrégationnisme écartent Chuck Berry, Little Richards de la ruée vers Londres.

Eddie Cochran, Gene Vincent et Jerry Lee Lewis seront, eux "du voyage".

Cette épopée sera plutôt tragique pour chacun d'eux: Eddie Cochran laissera la vie dans un accident de taxi à Chippenham, à l'Est du Royaume Uni. Gene Vincent, qui partageait le même taxi, en sortira terriblement diminué.

Quand à Jerry Lee Lewis, il saccagera en 1958 son entrée en scène dès sa descente d'avion, piteusement piégé par un journaliste qui lui demande l'age de Myra Gale Brown, la (très très)jeune femme qu'il vient juste d'épouser.

A cette époque là, il faut croire que le métier d'attaché de presse n'était pas aussi développé, et Jerry Lee, souvent décrit comme frondeur et un brin naif, ne se doutait pas qu'en Europe, le concept de mariage avec une cousine âgée de 15 ans pouvait choquer (puisque cela était tout à fait légal chez lui).

Chacun pourra penser ce qu'il veut de ce sujet, mais il parait cependant clair que la question du journaliste britannique était savamment préparée, et destinée à savonner la planche de ce yankee venu entrainer la jeunesse britannique sur la mauvaise pente, celle du Rock'n Roll. En effet, cette révélation explosive ruinera tout espoir de carrière européenne… et également américaine, pour lui qui rêvait de surpasser "le King" Elvis, qu'il considérait comme un minable. Il faudra plusieurs années à Jerry Lee pour remonter la pente.

Jerry Lee réagira, en 1964, comme il n'a jamais cessé de réagir: avec rage et energie. Il leur montrera, sur leur terrain , qui est le Killer. Sur leur terrain, c’est-à-dire à Hambourg.

Il nous reste aujourd'hui ce témoignage exceptionnel de l'incarnation du Rock'n Roll par Jerrry Lee Lewis: les concert au Star Club de Hambourg mettent tout le monde d'accord: Jerry Lee est l'énergie, la bestialité, la rage, le cri du rock'n roll.
Quelques mois plus tard, les Beatles déclarent qu'ils ne se produiront plus sur scène.



samedi 3 octobre 2015

Brian Jones, The Rolling Stones, également du Club des 27, 1942, 1969

Brian Jones

Qui était véritablement Brian Jones? Comment est-il passé du statut de fondateur des Rolling Stones, grand amateur de Blues, initiateur de la vague blues revival (avec d'autres, hein, évidement), à celui de membre écarté des même Rolling Stones?

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Était-il l'ange mythique souvent décrit, ou un personnage bien plus noir et complexe? Quels complexes le rendaient si noir?

Sa mort, comme pour beaucoup d'autres, est-elle due à l'excès de substances énervantes et prohibée, la fatigue d'un corps épuisé (on pense à Jim Morisson)? A-t-il été "poussé dans la piscine" dans son manoir (qui avait appartenu à Lewis Carrol), après avoir été poussé hors des Rolling Stones? On pense aussi à Syd Barrett, devenu, comme Brian Jones, le fantôme de lui même, s'excluant de ce fait du groupe qu'il avait fondé!
Il meurt donc à 27 ans, et sera (trop vite) rejoint dans ce foutu club des 27 par Jimi Hendrix et Janis Joplin, avant que Jim Morisson (qui disait: je serai le quatrième "J") n'y tombe à son tour, en 1971.

L'iconographie Rock'n Roll présente Brian Jones comme un gentil et doux rêveur, musicien terriblement talentueux, et fédérateur de ce groupe de type méchants, sales et désœuvrés que sont Bill Wyman, Charlie Watts, Ian Stewart, Mick Jagger et Keith Richards.

First of all, l'image de vilains garçon est très, très exagérée, et constitue plus un positionnement "marketing" du manager des Stones, Andrew Loog Oldham, qui cherche à créer une opposition avec les "gentils" Beatles. Cela étant, Jagger, Richards et Jones ont mené à leur débuts une existence crasseuse dans un quasi squat glacial, crevant la dalle et dormant peu, par terre, autour d'un electrophone et serrant leur guitare, dans le quartier de Chelsea, à Londres, pour ceux qui connaissent ou voudront visiter (102, Edith Grove).

Mais ces types sont issus de la Middle Class et sont loin du working class heroe que décriera plus tard Lennon (qui, lui, peut s'en revendiquer) (on le dit, ça, "peut s'en revendiquer? Non? Tant pis )

Revenons à Brian Jones. C'est bien lui est à l'origine du groupe, recrutant les autres membres par petite annonce. Le nom du groupe est aussi une de ses idées, en référence à un titre de Muddy Waters, qui est pour lui comme pour Jagger et Richards, "the reference". Ils feront un groupe de blues revival. C'est comme ça qu'ils voient les choses.

Brian et Keith (je me permets de vous appeler par vos petits noms, shouldn't I?) passent le plus clair de leur temps, ensemble et dans une grande complicité, à tenter de reproduire les riffs, grilles, solis qu'ils entendent sur leur electrophone (disques imports USA, Muddy Waters, écurie de Leonard Chess…). Là encore, l'image d'une rivalité entre les deux est pure invention (bon, ça se gâtera ensuite..).

Brian Jones, qui prétend à juste titre, l'honneur d'avoir été à l'initiative de la création du groupe (le genre "créateur du nom", etc), pousse un peu loin, au gout 'des autres', au point de demander en douce un cachet supérieur pour lui, et de préparer l'éviction de Ian Steward avec Andrew Loog Oldham (aucun des membres du groupe n'ayant fait preuve de beaucoup de "courage" sur ce coup là.

De quoi écorner l'image angélique de Brian Jones. Il se sait par ailleurs musicien talentueux, mais ce talent ne va pas de pair avec un excès de modestie, et il a furieusement tendance à minimiser le rôle et l'importance de ses compairs… que ça énerve un tantinet!

De là sans doute l'origine de l'animosité croissante au sein du groupe. Cette animosité est exacerbée par les mois de vache maigre, et tout autant par le soudain succès. Les Stones prennent la grosse tête, abusent de ces substances illicites qui donnent l'illusion de pouvoir tenir le coup (longues prestations, journées de répètes..). Dès les premiers concerts (Marquee Club, 1962), Jones doit être passablement "fatigué" pour que Richards lui "balance" 'tu dépasseras pas 30 ans, hein" (cité par François Bon in "Rolling Stones, une biographie", 2002).

Le répertoire reste très fidèle au blues (reprises de Willie Dixxon, Muddy Waters, et plus tard, découverte de l'accord ouvert auprès des grands Bluesmen). Lire à ce sujet les pages consacrés au sujet par Keith Richards dans Life: étonnant de modestie et de révérence envers les "anciens".

Contrairement aux Beatles qui semblent mener, à la ville, une vie paisible (ouais, faut voire..), les Stones attirent autour d'eux les foudres de la justice et des forces de police, qui ont décidé de se les payer, de préférence les mains dans la chnouf.

Richards et Jones sont particulièrement visés, mais Jones ajoute à cela un comportement particulièrement misogyne à l'égard de ses conquêtes: il aura 6 enfants, et peu de considération pour eux ni pour leur mère. Ses compagnes le décrivent volontiers comme aussi violent et instable en privé que discret en société.

Reste que Brian Jones était, je l'ai écrit plus haut, un musicien autodidacte hors pair, capable de maitriser sans pareille un instrument qu'il découvrait à peine. Richards, avare de compliment, dira de lui que s'il était incapable de composer un titre de bout en bout, il excellait en revanche dans l'art d'ajouter des arrangements somptueux, sur le premier instrument qu'il avait sous la main, et la liste est longue!!!



 


lundi 21 septembre 2015

Trad’Ouir ou la musique folk participe-t-elle de Mon Histoire du Rock ?


Nous sommes allé vendredi dernier écouter Trad’Ouir, groupe de musique folk/traditionnelle ami.

Plusieurs questions peuvent se poser.

D’abord va-t-on « écouter » un groupe comme Trad’Ouir, alors que le public présent vient avant tout danser sur leur musique ?

J’avoue facilement que, fan absolu d’expression corporelle et terriblement à l’aise dans ce genre d’exercice…. Je penche facilement pour « on va écouter ».

Et de tendre l’amical reproche aux convives (car ils sont conviviaux et acceptent ta gaucherie quand tu essaie de leur emboîter le pas…) : Mais voyons arrêtez-vous de danser un peu et écoutez les musiciens !!!

Que ceux qui veulent découvrir quelques instruments étonnants et désuets se précipitent : Bombarde, cornemuse, acordéon diatonique.

D’autres sont plus courrants, mais pas plus faciles, parmi lesquels le violon, tenu magistralement par l’ami Denis.

Le ton est donné, et l’ambiance est résolument au bal folk. On serait tenté par moments d’un retour aux années 70, où le genre eut son heure de gloire, dans une ambiance pas très éloignée de Woodstock.. L’humeur est joyeuse et le l’objectif que semble s’être fixé Trad’Ouir, partager et transmettre un état d’esprit et des émotions, est définitivement atteint.

On peut donc poser, et tenter de répondre, à la seconde question : La musique folk participe-t-elle de Mon Histoire du Rock ?

Ou suis-je l’être borné et étroit qu’on imagine, vautré dans un fauteuil, entre une pile de CD d’AC/DC, un tas de K7 de ZZ TOP, des singles des Stones et les 33 tours des Who ?

Eh bien qu’on se se le dise il y a dans mon histoire du rock, dans la musique qui a fait ma culture musicale, bien des univers, et celui du folk en fait aussi partie. On retourne loin, aux annes 70 du siècle dernier, pour trouver dans ma discothèque des 33 tours d’Alan Stivell, dont l’enregistrement du fameux concert à l’olumpia 1972, avec à ses côtés Gabriel Yacoub ( qui se souvient de Malicorne,dont un tours voisinait le premier cité) et Dan Ar Braz, rockifiant et electrifiant ces folks songs bretonnes qu’on allait alors jusqu’à qualifier de Rock Celtique ! CQFD. Je me souviens alors d’un fol espoir : ce violon, dont je tentais de maitriser les difficultés, pourrait-il me suivre dans le rock ? Je n’ai pas su,je n’ai pas pu.


L’été dernier, le même Denis dont j’ai parlé, tout à l’heure, nous fit l’honneur de se joindre à nous pauvres rockers, et d’ajouter la grâce de son violon à nos péripéties.


Merci

samedi 12 septembre 2015

LOW R.E.M. ( 1991, OUT OF TIME )

R.E.M.

low

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On n'a jamais parlé de REM ici, did we ever?



On va saisir l'occasion, aujourd'hui.

R.E.M. revient au devant de la scène, hélàs pas avec un album, pas avec un single…

D'un autre côté:
si ils ne veulent plus jouer ensemble, faut pas insister: le coup de la reformation d'un soir pour "faire plaisir aux fans", et au compte en banque, c'est un peu téléphoné, et indigne de R.E.M.
Si c'est pour faire parler d'eux en disant que Sergent Peper est une merde, Keith se sent morveux, se mouche.
Mieux vaut ne rien composer que de s'accrocher au premier jingle ferroviaire venu dans l'espoir de revoir voler les flamands roses, même solitaires.

Donc rien de tout ça chez REM, juste une mise au point pour stopper l'utilisation de leur musique à des fins commerciales, electorales, etc.

Ah ben voilà une transition qu'elle est bonne, comme disait Coluche, dont l'image est fort exploitée elle aussi.

J'écoutais Low, dites donc. C'était le matin, sur le chemin du boulot. Morning suits me fine, qu'ils disent. Ah bon.

Moi, le "morning" me "suits" moyen. Surtout le matin.

Enfin, hier matin, Low convenait parfaitement à l'humeur. Montée en puissance, voix caverneuse, filet de cordes (violons (Denis, viens on se le joue!! et violoncelles). Crescendo maitrisé, puis à nouveau le calme.

Presque 5 minutes de cette chaude et langoureuse ballade dans ce jeudi matin de septembre.

Est-ce le traitement lancinant de l'orgue? La voix de Michael Stipe? Jim Morrison sort de ce corps! The Doors, désenvoutez R.EM.!

Ou plutôt non, magnifique hommage!! Car ce matin, le Grand Maulne du Rock'n Roll m'est apparu à nouveau, "ce fut comme une apparition"!!

R.EM. Peut, comme les Doors, refuser l'exploitation commerciale de leurs titres (il est là, le lien, la voici la transition)!!!!!!!

Ils sont de la même trempe! Low incarne une filiation, un esprit non pas d'escalier mais de "Doors" façon The End, Ridders on the Storm.

Mais peu importe. REM est un groupe énorme qui n'a pas besoin de la filiation dont je l'affuble ( !) pour mériter cet éloge. Quinze albums et presque 30 ans de carrière, quand même, nous laissent un gout de trop peu:

Le jeu de guitare en arpège (et quelle guitare!), le rejet par Peter Buck du solo de guitare pour le solo de guitare, celui-ci préférant ponctuer les morceaux d'enluminures bien venues, plus discrètes et moins m'as-tu-vu (entendues).L'apport d'instruments inattendus ( mandoline, violon, etc), le jeu de basse mélodique et pas uniquement "rythmique"….

Rickenbacker
Peter Buck, Rickenbacker (from Wikipedia)
Que des chose que j'aime et dans lesquelles je trouve des repères. Pas vous?

J'ai parlé des Doors, je veux pas fâcher en parlant de Brian Jones qui dans les Rolling Stones apportait lui aussi des instruments "incongrus", on peut se référer au jeu de guitare de Roger Mc Guynn (The Byrds)ou plus proche de nous de Johnny Marr: Mais la Rickenbacker est un fil conducteur!!

Mais le groupe semble n'avoir jamais digéré le départ du batteur Bill Berry en 1997. Tous les groupes n'ont pas la chance de ne naitre vraiment qu'avec l'arrivée de leur second batteur.


samedi 5 septembre 2015

Alan Parson's Project, De Turn Of a Friendly card aux studios Abbey Road en passant par Eye in the Sky

Alan Parson's Project

Eye in the Sky, Turn of a friendly card...





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La mémoire a ses mystères et un souvenir appelle l'autre sans qu'ils soient réellement reliés entre eux.

Ainsi, avoir évoqué les Stinky Toys a ramené le souvenir d'avoir pas mal écouté Alan Parson's Project, dans les années 80, mes années Londoniennes.

Il y avait pourtant dans ces albums, que ce soit Turn of a Friendly Card, ou plus encore Eye in the Sky, qui fut un carton phénoménal, un côté easy listening, musique d'ascenseur, assez agaçant.

C'est ce qui gâchait à mon avis un peu la fête. C'était pourtant musicalement très soigné, très inventif et plutôt sympa.

Les albums étaient, ce qui est somme toute assez logique, très bien produits. Après tout, Alan Parson avait un background d'ingénieur du son (à Abbey Road, excusez du peu (sur Let it Be, Abbey Road..) (voir Dark Side of the Moon le 119 ème article de ce blog), et ça s'entendait dans ses compositions: Le soin apporté à la production, la profusion d'effets et d'instruments, mais aussi la richesse sonore en atteste.

Comme d'autres à cette période, (Yes, Mike Oldfield…), Alan Parson est parti d'une approche très prog rock, avec des titres longs, des albums "concept" et des titres qui renferment plusieurs thèmes, ayant chacun leur propre rythme, mélodie, ambiance. Puis, au cours des années 80, il s'est laissé tenter par un format plus condensé, plus dépouillé. Plus efficace diront certains, plus commercial diront les autres.

Ce sera donc Eye in the Sky, qui fera beaucoup pour rendre Alan Parson célèbre… Au risque de devenir, comme je l'ai dit, agaçant.

J'aimais bien Turn of a Friendly Card, mieux que Eye in the Sky (Syrus, Eye in the Sky, Mammagamma). Moins typé electro pop 80's, moins grosse et lourde rythmique.

Il faut croire que le type borné et obtu gavé tantôt aux Who et autres groupes 60's, tantôt à la New Wave tendance Ska/pogo que " j'étais" alors, faisait quand même dans l'éclectique.

De Sex Pistols à Mike Oldflied en passant par AC/DC et OMD, en passant donc par des trucs aujourd'hui, et c'est dommage, tombés dans l'oubli comme Alan Parson's Project, le spectre me semble assez large.

Eye in The Sky offrit selon moi à Alan Parson un succès sans doute un peu démesuré, mais l'oubli relatif dans lequel il est tombé ensuite, sera tout aussi injuste. Il faut cela dit avouer que les albums suivant ne se feront pas remarquer par un renouveau salvateur.



Mon Histoire du Rock
Eye in The Sky

vendredi 21 août 2015

Summertime Blues, Eddie Cochran, The Who...

Summertime Blues, Eddie Cochran, The Who...


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Qu'est-ce qui dans ma mémoire fait de ce titre un jalon de Mon Histoire du Rock

Oh, bien sûr, il y a la version presque pré-punk des Who, de Leeds à Woodstock.

Ah oui, Woodstock..... je vous laisse juge..

 
Énorme, non?

Je dis souvent qu'à la question "Beatles ou Stones" je répondais "Animals". Je crois qu'en ces années 1977/1978, les Who étaient la réponse que je faisais. Les Animals, tout comme les Kinks, étaient alors tombés dans l'oubli.

At Leeds, la vache! Ce son! Au casque, chez le disquaire de l'avenue de Saint Cloud, en contre bas, dans la contre allée! Bien que le groupe ait joué ce titre depuis ses début, sur scène, At Leeds en est le premier enregistrement. C'est un monument des live du groupe, de Monterey à Woodstock..

On racontera cet album mythique un jour.

Summertime blue, c'est la découverte d'une soirée anniversaire d'un copain qui me prêtera longtemps le LP, ainsi qu'un 33 tours d'Eugene (Vincent). Je crois d'ailleurs qu'il s'appelait Vincent aussi? Il me prêtera également un Status Quo (If You can't Stand the Heat).. et Babylon by bus de Marley. Eclectique?

Powerchords et palm mute, Pete Townshend "invente" une guitare gros son que grappilleront ensuite le hard et le punk.

Keith Moon, au destin bien triste, lui qui était si marrant, prête sa voix magnifiquement. Batteur divin, sa disparition en septembre 1978 précipitera les Who dans un chaos sans retour.

Summertime Blues quelle version préférer, donc?

Rock’ n Roll, façon Eddie Cochran, l’originale, la version des puristes ? Elle a ce parfum du rock issu de la country, plus polissé, il semble moins sortir des tripes que le rock issu du blues. A cette époque, la basse « guitare » n’a pas encore pris la place de la contrebasse.

Ou, à l’extrême, la version des Who ?

Sur scène.

Rien à voir.

Dès le premier riff, on est dans le sauvage.

La basse sauvage de John Entwistle (les Who ne joueront plus Summertime Blues après 2002, quand il ne sera plus là) écrase tout.

Avez-vous déjà écouté, vu un solo de basse de « The Ox » ? Vous devriez. Allez-y, vous n’en reviendrez pas.

Avec un bassiste pareil, un batteur comme Keith Moon, un guitarise comme Pete Townshend (qui sur ce morceau démontre sa maitrise des powerchords...) et un chanteur comme Daltrey (secondé ici par Keith Moon)…

Les Who combinent maitrise de leur instrument avec un talent scénique, une présence phénoménale!!

Ne manquait au Who qu’un manager… et un peu moins d’agressivité intestine!

Monterey, Woodstock, Wight, Leeds…. Quelle version est la plus folle ?

Car c’est évidement celle des Who qu’on préfère ici, à Mon Histoire du Rock !



samedi 15 août 2015

Powerage 1978 Cinquième ( et meilleur ? ) album d'AC/DC

POWERAGE

AC DC  



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Je n'ai pas encore chroniqué l'album d'AC/DC par lequel j'ai fait connaissance avec le groupe...

....En 1980. 

J'ai dû en parler, déjà, rapidement, trop rapidement? 

Il faut détailler tout ça.

A ceux qui ont catalogué ce groupe dans la case "hardrock" je préconise une écoute attentive, sereine, au calme, de cet album explosif.


Powerage.

Ecoutez-le…. Vous voyez bien (j'adore ce "écoutez, vous verrez"; Oximore, quand tu nous tiens!) que c'est du blues pur fruit! Je viens de me remettre Sin City en écrivant ce billet.

A 2 minutes 40, l'orage s'apaise, comme dans une saison de Vivaldi. Reste la basse, un soupçon de batterie et ce cher Bon Scott. Puis ça reprend de plus belle.

Comment ne pas bouger la tête dans une sorte de jerk frénétique!!!

Puis vient Rock'n Roll Damnation, que le groupe prêtera à Trust, de l'énergie à l'état pur. Du cri primal, mais maîtrisé, avec, encore une fois, un "break" vers 2 minutes 05.

La voix de Bon Scott est l'un des instruments du groupe, elle se mêle à la perfection aux guitares des frères Young; La preuve? What's Next to the Moon…. On n'arrêtera pas de regretter Bon Scott. Dis, remets What's Next to the Moon…

Ce disque est un marathon couru comme un sprint.

Down Payment Blues…. En vlà, de la basse, en vlà, et pas des moindres. C’est celle de Cliff Williams, qui vient d'arriver à ce poste. On n'est pas dans la fioriture, mais damned, c'est bon. Je monte (encore) le son.

J'avais oublié Down Payment Blues!!. 2'17, petit break. Ça repart très vite. Très fort. Angus y va de son solo, on ferme les yeux et on le voit en duck walk, preuve que l'inspiration elle vient de là, elle vient du Blues.

Ça dure, ça tient, plus de 6 minutes, comme du... Supertramp. Un peu plus fort, un peu plus chaud. Ecoute, à 5'45… Blues.

On ne s'arrête pas. Gimme a Bullet. Boom-Paf? Ouais, mais pas du léger, pas de la demi portion. C'est millimétré, construit, efficace. Presque lent, le tempo. Un slow! Je blague. Ici, pas de break, on n'a pas le temps. Enfin, vers 2'25…

La vache, j'adore cet album. Je me remercie de l'avoir acheté quand j'avais 17 ans. Quel gout parfait! Bravo mon ptit gars.

Up To My Neck in You. On s'énerve! C'est bon. Crie, crie ta rage, qu'elle sorte. Tout le monde à fond, pas de sourdine, on met la gomme. Va-t-il falloir décider qu'un morceau est ici meilleur qu'un autre? 4'13 de bonheur pur, à fond les manettes…

Riff Raff, une joie en concert, passe peut-être un peu moins bien, en conserve… quoique. La plupart de stitres ont été enregistrés en une prise, comme en live ! Le groupe était encore relativement "jeune", et pourtant déjà tout est là, tout est en place! Une intro survoltée de presque 2 minutes, les guitares se mêlent. On a beaucoup vanté Angus, beaucoup moins, à tort, son frère Malcolm qui fait beaucoup plus que de l'accompagner à la rythmique.

Vous doutez encore? Il faut encore vous convaincre que Bon Scott était un Bluesman, un chanteur de Blues? Kicked in the Teeth. Il fait renaître (une fois de plus) le Blues, le réinvente, le survolte. Angus Young le rejoint à mi morceau avant de se presque effondrer à 2'30 pour mieux repartir dans une montée chromatique dont il ne cessera de peaufiner ensuite la force et la grâce. Oui, la grâce.

L'album, certes, moins produit que ne le sera, plus tard, Highway to Hell, est d'une netteté incroyable, mais conserve un aspect "root", brut, brutal, qui ajoute au charme. Il se termine sur Gone Shootin', et après ça vous ne direz pas que c'est pas du blues.

La version européenne (il y avait une version par continent, selon les choix "éditoraux" des antennes locales des maisons de disques), contient un véritable bijou, Cold Hearted Man. J'en illustre le billet. A écouter à fond, bien au calme, les yeux fermés. Les paroles de Bon Scott ponctuent et soulignent le rythme du couple Cliff William/Phil Rudd/Malcolm Young (ménage à 3), rythmique d'une précision démoniaque.


AC/DC a perdu beaucoup plus qu'un chanteur en 1980. Bon Scott était aussi un parolier hors pair.

Haletant, Exaltant, Powerage est un must, pourtant méconnu et délaissé. Such A shame!


Mon Histoire du Rock se devait de célébrer cet album, que je considère comme le meilleur du groupe. D'ailleurs, voyez la liste des titres que l'on vient de parcourir: rien à jeter, tous les titres sont "bons". Très bons. Énormes.


Non?



Si.