dimanche 1 mars 2020

Bronski Beat Small town boy, juin 1984

Bronski Beat Small town boy, juin 1984


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C’est assez marrant.... Ce titre, l’un des symboles de la New Wave, de la SynthPop, résonne pour moi de mes années londoniennes, bien qu’il soit sorti en juin 1984.... 

Je m’apprêtais pourtant alors à quitter cette ville et à y laisser tant de souvenirs, musicaux pour nombre d’entre eux: 

Les pages de ce blog en témoignent. 

Small town boy donc. 

Loin des groupes de la New Wave arborant ostensiblement leur orientation, leur différence, leur mal-être mais ne laissant pas apparaître une démarche “militante” dans leurs textes, le groupe choisi dans ce titre de lancer un manifeste sur le thème de l’homophobie. 

Et tu dois reconnaître que c’était, à l’époque, courageux. 

C’était l’originalité de Bronski Beat, cet engagement militant, en faveur de la province, de la banlieue, du prolétariat, aussi. 

Tout en cherchant à “rester simple” c’est à dire, contrairement à Boy Georges, Elton John ou bien d’autres, sans costume de scène, sans “excentricité scénique”. 

Mais revenons à la musique. Ce titre, évidement marqué par la voix si caractéristique du chanteur, reste musicalement aussi un trait de génie. 

Un Synthé FM star des années 80, le Yamaha DX7!!! Un Synclavier aussi (ou un MemoryMoog? ) et un riff qui deviendra légendaire. 

Oui, on peut marquer la Pop music avec quatre accords, répétés en boucle pendant 5 minutes. 

Oui, on peut, sur cette suite d’accord, créer une intensité dramatique. 

Oui,on peut faire d’une voix un instrument, lui affecter un rôle mélodique extrême. 

Bronski Beat l’a fait. 

Et fait porter à tout ça l’intensité dramatique d’une cause majeure des années 80, dans un monde suspendu aux menaces que j’ai souvent rappelé dans ces pages, entre Sida, tension Est/Ouest, chômage. 

Loin du sentiment d’opulence et de liberté -y compris “sexuelle” de nos ainés depuis les années 50. 

Les années 80 portaient, en même temps qu’une phénoménale volonté de vivre l’instant: Non sans parfois une exubérance et une “gourmandise” extrême, et sans beaucoup d’illusion quant à un avenir qui semblait assez sombre. 

Écoutez Small Town Boy, on l’entend bien, cette désillusion… ça pourrait presque être un blues, dis-donc…

samedi 8 février 2020

U2, War, Sunday, bloody sunday 1983

U2, 

War, 

Sunday, bloody sunday 

1983


 

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Le débat circule parfois ici et là, de savoir si U2 est un “grand groupe”… 
L’humain a besoin de classer, de juger, de mettre dans des petites cases: 

Beatles ou Rolling Stones

Rock ou pas Rock?…. 

...Etc.

  Je ne chercherai pas ici à définir si U2 est un grand groupe, ou ce genre de chose. 

Le premier succès du groupe survient… survient c’est dur, ça semble dire que c’est un hasard. 

En fait, ça fait un moment que le groupe tourne, travaille, envoie des demos, fait des premières parties… 

Mais je ne me prétends pas historien.. 

Le moment où le groupe rencontre les premier succès coïncide donc disais-je avec le moment où j’arrive à Londres

Dans un pays toujours marqué par les luttes d’Irlande du Nord, dans un contexte politique très dur, l’album War scelle le destin et l’image de U2 en tant que groupe politiquement engagé “dans son siècle”. 

Sunday Bloody Sunday met l’Angleterre de Margaret Thatcher devant sa responsabilité historique, 10 ans après la tuerie de Londonderry, face à la dureté du premier ministre dans le traitement du conflit et son inflexibilité au regard des grévistes de la faim. 

Tout cela résonne dans ce titre, et donne une couleur sonore très sombre de cette période en Grande Bretagne. 

U2 reprend un flambeau tenu précédemment, entre autres, par Fisher Z, par certains groupes Punk… 

Les taquins diront ‘la musicalité en plus’. 

Contest song donc, que ne renierait sans doute pas Dylan, dont les vétérans de Woodstock seraient également fiers...

Le ton est sombre, la voix plaintive mais déterminée… 

L’Irlande pleure et Londres subit le feu des bombes (Regent Street, Harrods, puis plus tard Brighton).

 Les années 80 anglaises résonnent de ça, aussi.