samedi 25 avril 2015

The Clash « Give ‘em enough rope »

The Clash



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Je suis sans doute passé à côté des Clash, dans ces années là.





Pas complètement, faut pas exagérer. J’avais le LP « Give ‘em Enough Rope ». 

Cet album, offert par ma sœur dans une nouvelle tentative pour élargir mon esprit musical, a tourné pas mal sur ma platine, autour de 1980.

Mais je n’ai pas cherché à aller plus loin à l’époque, va savoir pourquoi ?

Oui, va savoir, et reviens me le dire !

En attendant la réponse, je ré-écoute ce LP, qui n’a pas le panache des suivants (Double London Calling, vendu au prix d’un simple (pour que les fans puissent se le payer), et à la pochette revendiquant clairement l'héritage d'Elvis Presley.... Sandinista, TRIPLE album de 36 titres !), mais recèle quelques pépites : « Safe European Home », « English Civil War », et bien sûr « Tommy’s Gun »..

Mais l’écoute de ce disque accroît le mystère : comment ai-je pu passer à côté à l’époque ? Il y a chez les Clash tant de bonnes et belles choses ! Pourquoi est-ce que je me suis arrêté à cet album ? Je n’ai pas de souvenir de la sortie de « London Calling » : Pourtant déjà Londres m’appelait…. Pourtant, ou peut-être est-ce là la raison, tant The Clash faisaient d’Albion une peinture que je ne voulais pas voir…

« On » associe trop souvent The Clash au mouvement Punk. Oh, bien sûr, « y en a », du Punk, chez les Clash. Mais c’est un peu réducteur je trouve…

Musicallement d’abord : Si Give ‘em Enough Rope n’est pas « encore » pour The Clash l’occasion d’aller très au-delà du « riff punk », on voit déjà (dans la batterie de Topper Headon sur Tommy’s gun par exemple) des influences et des sources bien plus vastes et ouvertes.


De même, « Julie’s been working… » ne cache pas une influence Rockabilly


Plus encore « Stay Free » dénote par la douceur qui s’en dégagerait presque, et le traitement presque mélodieux de la ligne de chant (accompagnement guitare acoustique et orgue !!!). The Clash montrera davantage encore dans les albums suivants sa capacité à intégrer les influences Reggae, Ska, Rock : London Calling sera l’occasion pour The Clash de s’affranchir du carcan du Punk pour devenir un groupe de légende.


Dans les textes et dans le propos ensuite : The Clash poussent dans les textes la critique de la société au-delà du traditionnel « No Future » : Chaque texte, même s’il est revendicateur et agressif, apporte deux dimensions rarement présentes ailleurs : une description d’un fait, et la proposition de remèdes. The Clash véhicule et pratique une conscience politique (au sens d’engagement) inexistante dans les autres groupes.

Give ‘em Enough Rope est LE tournant dans la discographie des Clash : après un premier album très rugueux et brutal, il annonce, et prépare, ce que sera le son du groupe, magistral, dans les albums à venir.






samedi 18 avril 2015

Love is All, Roger Glover and the Butterfly Ball 1974

Love is all ... 1974



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1974, les Beatles sont séparés depuis 4 ans 


et la pop a du mal à s’en remettre…


Un ovni indigeste, qui ne peut pas cacher s’inspirer de la période psychédélique des Fab Four, apparait dans le ciel de la pop britanique :

The Butterfly Ball and the Grasshopper's Feast,


vaguement inspiré d’une comptine pour enfants, avec Roger Glover aux commandes.



Indigeste, j’insiste, et que ceux qui ont écouté l’album entier n’hésitent pas à donner leur avis : je crains qu’ils ne soient pas nombreux… C’est sirupeux, insipide, trainant, sans éclat, gnian-gnian.


Alors pourquoi en parler ici ? Héhéhé… dans ce « concept album » de 20 titres, un seul est passé à la postérité, et d'une certaine façon, le mérite :


Tous les français qui avaient en 1975 l’age de voir et entendre la télévision ont eu ce titre « sous les yeux ». A cette époque la télévision compte en France DEUX chaines, et la seconde, qui devient Antenne 2 par un coup de maitre marketing (haha) utilise ce titre à chaque plantage technique qui prive les téléviseur d’image : c’est-à-dire très souvent.

Nos cerveaux ont donc été conditionnés (traumatisés ?) par « Love is All », les grenouilles qui chantent et qui dansent….

Etonnant hymne peace and love : Etonnant car on le doit à « l’élite » de la tendance « hard rock » de l’époque, à savoir Roger Glover (ex bassiste de Deep Purple) et Ronnie James Dio (chanteur compositeur de (entre autre) Black Sabbath). Tiens, Ian Gillan est absent?

L’album est à l’origine cocoté avec et pour John Lord (Deep Purple lui aussi).

Gravitent autour de la production de cet album d’autres sommités du « hard » ou « metal » (comme disent les grands bretons), tels que Glenn Hughes (Deep Purple lui aussi, mais ils sont nombreux à être passés par là), et David Coverdale (Deep Purple dis donc ! et aussi WhiteSnake).

C’est vraiment étonnant d’entendre cet album très « prog rock », quand on sait qu’il a été commis par autant de gens plutôt familiers du rock énergique. Contre emploi assuré, assumé…Mais aussi comme un "retour aux sources pour les membres de Deep Purple, qui ont débuté dans une mouvance prog rock avant d'aller vers les riffs énergiques qui les ont rendu célèbres.

Love is all est donc à mon gout le seul morceau digne d’intérêt de cet album : mais bon, c’est encore le syndrome « madeleine de Proust » qui fait des siennes :

1977, émerveillé par la télévision en couleurs que mes grands parents s’étaient offert pour leur noces d’or, je me souviens d’être resté collé devant cet objet magnifique et encore rare tout le week end de célébration de cet événement familial… et donc devant les interludes nombreux offerts par les « incidents techniques » d’Antenne 2, et ses depuis lors fameux interludes à base de « Love is All ».


Ecoutez à l’occasion la version de Playing for a change, bien vue comme toujours, contrairement à celle de Gonzales en 2008, 

sans intérêt malgré la participation de Jacques Higelin.



samedi 11 avril 2015

I am the Walrus, John Lennon, The Beatles, Novembre 1967

I am the Walrus



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Malgré John Lennon, malgré I am the Walrus, les profs d’anglais persistent à faire étudier les chansons des Fab Four.





C’est donc au prof d’anglais de mon petit dernier que l’on doit cette chronique. Puisqu’il faut étudier la chanson de son choix, il décide de décrire à son prof la chanson de John Lennon réputée impropre à l’explication de texte.

"De mon temps,lui dis-je, les profs d’anglais nous faisaient commenter Simon et Garfunkel ou Bob Dylan". Tiens à propos, Lennon a prétendu avoir écrit cette chanson pour montrer qu’il «était capable d’écrire le même genre de débilité » que Dylan… Le roi des pacifistes était parfois véhément!!

Les légendes autour des Beatles et de leurs chansons sont nombreuses, et I am the Walrus serait pleine de "clefs"… bien qu'elle soit sensé n’en avoir aucune… !

Et bien évidement, les spécialistes s’éreintèrent à trouver à ce titre une foultitude de sens, plus ou moins cachés, plus ou moins mystiques, plus ou moins tordus. Lennon s’amusait parait-il, par avance des sens que les « spécialistes » sauraient trouver à sa chanson.

Mais il donnera plus tard le change en donnant lui-même des significations « après coup »..

On a donc droit à de nécessaires indices sur la mort prétendue de McCartney en 1966, de nombreuses références à Lewis Caroll (De l’autre côté du Mirroir, « le Morse et le Charpentier »), à la lutte des classes, au LSD (puisque Lucy in the Sky est mentionnée), au Police Detective Pilcher, fameux pourchasseur de stars drug addicts….

Mais faut-il donner crédit à ces interprétations ?

Écrite par Lennon en plein summer or love, en plusieurs fois et en plein trip de LSD, la chanson est pour le moins excentrique et décousue…


Elle serait en fait un « collage » de plusieurs chansons inachevées que Lennon aurait combiné avec l’aide de Yoko Ono.


Placée en face B d’un 45 tours dont la face A est « Hello Goodbye » écrite par Mc Cartney, elle sera plus tard l’un des symboles de la rupture entre les deux hommes, Lennon reprochant à Mc Cartney d’avoir sous estimé son "chef d’œuvre"... Celui-là même qu'il décrivait à sa sortie comme un canular sans importance.

La chanson fut interdite sur la BBC parce qu’on y parle de petite culotte.

Les Beatles sont dans leur période « on expérimente plein de trucs », donc l’orchestration regorge d’instruments classiques, et des extraits d’enregistrements du Roi Lear de Shakespeare sont mixés. Lennon prétendra avoir enregistré ce qui passait un soir de mixage, sans savoir ce que c’était. Sans doute pour ajouter à la légende ou à la confusion autour de ce titre.


Ben voilà, y en a des trucs à dire sur une chanson sans sujet !



dimanche 5 avril 2015

Au Bonheur des Dames, Oh, les filles, 1974 entre Rock et déconne, ou si le rock était dérision de lui-même,

Au Bonheur des Dames

"Oh les filles, oh les filles, elles me rendent marteau"






Voilà bien un titre… rock’n roll. 

C’est bien connu, le rock, c’est la rebelion adolescente, la musique, les sensations fortes souvent à base de voiture rapide, et les filles.

Oh les filles, donc. Titre qui semble débarquer en 1974, en même temps donc que Coluche, Renaud, et… Giscard d’Estaing.

Ramon Pipin ne sera pas très loin de Coluche, et de Renaud, collaborant avec lui sur pas mal d'albums. (et pas les moins bons!)

Groupe bizarre que cet « Au Bonheur des Dames », composé d’hurluberlus comme semble en produire l’époque (peu après les Martin Circus).

Le premier 33 tours « Twist » montre un savoir faire dans les différents styles qui gravitent autour du rock : Du Surf Rock (Ramses), au Twist, rockabilly, presque même hard rock (Ego-Dames) et une dérision certaine qui fait penser à un « coup » rigolo plus qu’à une intension de durer.

Les pseudonymes choisis par les membres du groupe ne laissent pas de place au doute, non plus que l’acoutrement scénique, qui montre une tentation Glam Rock, et le texte qui présente le groupe, au dos de la pochette. Le groupe trouvera une prolongation quelques années plus tard avec Odeurs, non moins porté au délire.

Le disque enchaine reprises (Twist à Saint Tropez) et créations ((Ego Dames, l’Ile du Bonheur), avec un talent certain.


La lecture des pages consacrées au Château d’Herouville nous apprend que l’album a été enregistré là-bas.

On sait (et si on sait pas, on peut aller voir les pages de ce blog qui en parlent, ou les liens que je mets sur le nom de ce lieu !) que le Château d’Herouville est un des rares lieux français mythique de la musique populaire et du rock :


Eh bien Twist a été enregistré là-bas. Les hasard font parfois des recoupements étonnants, puisque le titre phare, et qui fera le succès de l’album et du groupe, est en fait une reprise d’un groupe tombé dans l’oubli, les Pingouins… Non sans ajouter à ce titre un couplet parodique et une chute à ralonge sous forme de rappel ‘ben qui c’est qui a dit de s’arrêter ? »

Contemporain des « ainés », Chaussettes noires et autres, les Pingouins auront un succès en reprenant « Sugaree », traduit en « Oh les filles… ».


L’ingénieur du son qui officie aux consoles à Hérouville est Dominique Blanc Francard qui n’est autre que l’ancien batteur des Pingouins…Le monde est petit !!!!!