samedi 27 janvier 2018

Penny Lane / Strawberry Fields Forever, The Beatles, 1967

Penny Lane, Strawberry Fields Forever, The Beatles, 1967 


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Etonnant 45 tours que celui-ci. Comme une médaille, une pièce de monnaie dont on se sert pour sceller le hasard d'une alternative, cette galette de vinyl porte sur chaque face un caractère opposé. 

A l'inverse du couple Jagger/Richards, qui signe d'un Glimmer Twins une fraternité apparente, le couple créatif Lennon et McCartney se sépare ici symboliquement, chacun exprimant à sa manière, et individuellement, la nostalgie de leur enfance. Cependant, les titres sont crédités Lennon/McCartney…. Flegme britannique? Ne rien laisser paraître.. Pas encore….

On est en 1967  et il semble que le poids des années vécues ensemble depuis dix ans pèse de plus en plus lourd. Pas de conflit ouvert, pas de grandes phrases balancée par voie de presse (suivez mon regard). Plus tard, ça viendra. Il est encore trop tôt. Mais le temps des compositions communes semble, lui, révolu. 

Face A, Penny Lane. 
Lennon soupçonnera plus tard McCartney d'avoir intrigué  pour que Strawberry Field soit en face B. Dans les années 70, ces deux-là, jadis si complémentaires et si fusionnels, ne s'aimaient plus beaucoup et le faisaient savoir. 
Peace and love, mais pas entre anciens potes, hein… 

Penny Lane est dans la veine de McCartney, de ce qu'il sait faire de mieux: une ballade plutôt guillerette,  qui n'arrive pas à sombrer dans la tristesse nostalgique, malgré la descente chromatique utilisée dans le couplet. Mccartney se souvient, mais n'exprime pas le regret du passé. Il ajoute un solo de trompette piccolo, instrument qu'il vient de découvrir dans un concert classique: On est les Beatles, on se doit d'ajouter une touche "expérimentale"! Ce solo lui-même, plutôt guilleret et enthousiaste. 
  
Pour Strawberry Fileds, Lennon est plus vaporeux, il ébauche le style qui sera plus tard le sien en solo: d'abord minimaliste, le morceau évolue au fil des sessions d'enregistrement. Tout semble plus nostalgique, le traitement des voix, probablement passées dans une cabine Leslie, l'intro au Melotron, la mélodie elle-même. 

Le morceau détient sa part sulfureuse, quand les adeptes de la théorie de la mort de McCartney entendent, 8 secondes avant la fin du morceau, dans l'espèce de reprise patchwork, Lennon dire "I Burried Paul". L'intéressé démentira plus tard avoir dit cela, mais plutôt "Cranberry Sauce"…. 

Qu'importe, la rumeur ne s'arrêtera pas… 

Lennon considérait parait-il Strawberry Fields comme sa composition la plus aboutie.

Et ces deux morceaux sont sublimes, même s'ils marquent les débuts d'une rupture pour les Beatles.

Ils devaient figurer sur Sgt.Pepper’shttps://monhistoiredurock.blogspot.fr/2017/05/sgt-pepper-lonely-hearts-club-band-1967.html, mais le marketing de Brian Epstein et les engagements vis à vis de la maison de disque en décideront autrement. Pour les Beatles, habitués à truster les premières places des ventes de disques, ce “double face A” ratera bizarrement la première place en Grande Bretagne… 

Un signe?

Depuis fin 66, les Beatles ne se produisent plus sur scène. Place à la vie de studio, au huis clos, loin de l’adrénaline du contact avec le public. C’est leur volonté. Mais eux qui n’ont vécu que pour ce public, et sur scène ensemble - presque H24 aux débuts - ah, oui, j’exagère, mais Hambourg a été une expérience fondatrice d’osmose pour le LIVE… Et peut être que, sans le savoir, leur décision d’arrêter la scène a été le truc insidieux qui a rongé le ciment de leur cohésion?

Strawberry field est considéré par beaucoup comme THE chef d’oeuvre des Beatles. On dit qu’en l’entendant, Brian Wilson (Beach Boys) décida qu’il devait arrêter la creation de SMILE, que ce son était celui après lequel il ‘courrait’ depuis longtemps…

‘Technologiquement’, Strawberry est plus fouillé, plus produit, que Penny Lane. Lennon, aigri, dira plus tard que selon lui McCartney avait délibérément “baclé” la production du morceau, au profit de ses propres morceaux. C’était au temps de leur brouille, quand ils se balançaient à la figure  une rancoeur sortie d’on ne sait où.

Et on n’est pas là pour jouer les voyeurs, se perdre en antépénultièmes conjectures.

Si Strawberry est sans aucun doute plus intéressant au plan technique (Melotron, prouesses techniques….) , Penny Lane est plus guilleret et plus mélodieux. Pour tous les goûts.

Une légende dit qu’à la fin de Strawberry, John dit “I burried Paul”. C’est la thèse de ceux qui que croient serait Paul mort, en 1966. Lennon dira plus tard que c’est bullshit et qu’il dit “cranberry sauce”, ce qui a beaucoup plus de sens logique. Je ne listerai pas ici les “preuves” posées par les adeptes de cette théorie…. Et préfère remettre un petit coup de Strawberry Fields, pour toujours, en essayant, en vain de détecter la transition entre la prise 7 et la prise 24 à 60 secondes…..


samedi 13 janvier 2018

Madness, My Girl, album One Step Beyond, 1979



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My Girl, Madness, sur l'album One Step Beyond, 1979





My girl.
Demo version chantée par Mike Barson:
https://www.youtube.com/watch?v=dw7-nEDpmH4

On poursuit le challenge qui consiste à chroniquer chaque titre de One Step Beyond.
Modestement contribuer à faire (re)connaitre cet album comme une pièce maitresse, un jâlon, un must du rock’n roll des années 80.
Du rock tout court.
De Mon Histoire du Rock, de toute façon.
My Girl. Ironie du calendrier, ce titre, sorti sur One Step Beyond en 1979 est en fait publié la première fois en 1978!
Quarante ans déjà!!

Ecrite par Mike “Monsieur Barso” Barson, à l’époque où Madness s’appelle “The Invaders”, à Camden Town… C’est lui qui chante à l’époque ce titre qui a alors comme nom “New Song”…
Mais c’est Suggs qui la chantera sur l’album, et partout ailleurs.
Second titre de l’album, c’est aussi le titre qui positionne Madness en groupe capable de composer des mélodies Pop, s’éloignant (déjà) du strict théorème Ska. Mais aussi capable d’autre chose que de reprises, ska justement, à la sauce 80s.
Pour les spécialistes, et amateurs de ‘song facts’, la structure et le rythme de My Girl ont inspiré Bowie pour Ashes to Ashes. Mais on n’es là pour ça. Ni pour décortiquer, analyser la structure, 8 bars, ni la caractéristique absence de refrain, marque de fabrique du groupe…
Le morceau n’a pas pris un cheveu blanc, et même si de nos jours, Madness sur scene le démarre “en mode ballade”, ce qui renforce le côté Pop, et l’éloigne du Nutty sound, au moins au lancement, on ne peut pas oublier la version de 1979, clipée dans un pub de Camden Town, Monsieur Barso sur ce vieux piano baltringue qui fera date, le solo de piano mémorable, les ponctuations du saxo.
Sans oublier ce phrasé, et surtout cet accent des faubourgs de Londres, que je finirai par attraper, à force d’à force, au point d’en étonner plus d’un, en arrivant à Londres une paire d’années plus tard par ce cocktail franco/cockney improbable.
My Girl marque, une fois de plus, cet capacité (en dignes héritiers des Kinks, mais je l’ai déjà souligné) à composer, sur 2 à 3 minutes, une petite histoire qui parle à tout le monde.
Ma copine est en rage après moi, je voulais pas regarder le film ce soir.
D’une banalité, faire un tube!
Sur l’album, on sort à peine de la tornade One Step Beyond (certainement jugée usée par certains aujourd’hui, tant elle a masqué par trop de passages radio les qualités de compositeurs et d’interprètes de Madnes…). On prend aussitôt après, My Girl, faussement plus cool, faussement ballade, mais en réalité tout aussi syncopé et efficace.



La reprise qu’en fera Tracey Hullman, masculinisant le titre (My Guy), ne relèvera pas le gant.
La version des Pet shop boys est à oublier dare dare! Youtube me montre une version d’un groupe (NUMERO6), qui en dehors d’avoir comme fond visuel une photo d’une rangée de maisons de la banlieue de Londres qu’on croirait Boyne Avenue à Hendon, où j’ai vécu, mais on s’en fout un peu, non…

lundi 1 janvier 2018

2018 , meilleurs voeux à toutes et à tous. On évoquera forcément 1968....



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1968.


Il y a, donc, cinquante ans. 

Que nous réservent cette année les spécialistes en commémoration, en c’était mieux avant, en rho lala dis donc, en nostalgie commerciale, en marketing du passé? 
Dans lequel je m’engouffre, que je précède aujourd’hui, premier jour de l’année 2018. 

 2018 sera l’année du cinquantenaire de la formation de Led Zepelin… On va en entendre parler! Je n’étais pas, je suis pas, un fan de Led Zep. Mais j’aurai des choses à dire… dans un autre billet. 

C’est aussi, pêle mêle, l’année de sortie de l’album blanc des Beatles. 

Je me souviens confusément du succès à l’époque de Obladi…. Mais découvrirai évidement cet album bien plus tard. 
C’est l’année “Indoue” pour les Beatles (mais pas que), et leur “retraite auprès du Maharishi Mahesh Yogi… 

La même année les Rolling Stones sortent Beggars Banquet. 
Laisseriez vous votre fille sortir avec un Rolling Stones? 

Ou alors, avec Serge Gainsbourg, qui sort à la fin de l’année 69, année erotique? 

Mais 1968 sera aussi l’année de la comédie musicale Hair, on en reparlera sans doute, même si mes souvenirs collent plus au film sorti dans les années 70/80.. 

 Bref, une année fertile, qui nous donnera l’occasion de commentaires, souvenirs, même si 1968 est à tout point de vue une année dont j’ai assez peu de souvenirs…. Belle et bonne année 2018 à tous, merci de votre fidélité, passée et j’espère à venir. 

 Let’s rock’n roll…